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Ceci n’est pas une pub ! Mais une histoire a raconter aux enfants le soir.

Publié le 21 mai 2026 à 18:34 | Écrit par
Robot Meyrat
| Temps de lecture : 04m29s

Enfin, je vais juste soulever le couvercle de la marmite, pour que tu puisses sentir quel genre de festin on prépare. Pour bien faire, cet article n’aurait pas dû être écrit par un des membres du resto trottoir, plutôt par exemple par Christophe Martin, qui fait partie des fidèles qui viennent quasi à chaque fois se régaler de nos recettes. Sauf que les approximations, tant qu’elles ne sont pas cachées, je les préférerai toujours à n’importe quel faux semblant de perfection.
- Il était une fois un petit resto trottoir qui résistait à la morosité, qui refusait de se résigner à la fatalité... Quelques humainEs qui rêvaient d’un autre monde et ont décidé d’agir concrètement pour que tu puisses savourer un avant-goût de ce monde de solidarité.

Un certain 10 septembre 2025, quand des citoyenNEs ont essayéEs de s’auto-organiser, cela n’a pas été triste. Mais l’expérience a fait long feu -vu que l’extrême tolérance du gouvernement à l’encontre des plus riches est inverse à son autoritarisme implacable à l’encontre des plus pauvres -l’état a tiré la leçon des gilets jaunes et ne laissera plus s’installer des espaces de vie, que ce soit sur les rond-points ou ailleurs. Également, car les directions nationales des syndicats n’ont pas hésité à torpiller ce mouvement, de peur de devoir partager le monopole de la contestation. Même les politiciens ont tremblé : manquerait plus que le peuple prenne l’habitude de ne plus se laisser voler son pouvoir par des représentants... des lobbys.
Parmi toutes les propositions qui ont émergé du rassemblement local, celle qui correspondait le plus à une action concrète a agrégé quelques personnes, pas plus que les doigts des mains. Dans un premier temps, nous avons accompagné les assemblées générales du mouvement, puis celui-ci a fini par se dissoudre, jusqu’à la prochaine émergence. Nous sommes passéEs à une formule mensuelle, le dernier samedi de chaque mois, continuant là où avait été sa base. Puis, nous sommes partiEs vers la terre promise, un lieu passant où nous puissions être visibles et où les personnes seraient plus disponibles. 1, 2, 3, quand je claquerai dans les doigts, tu te réveilleras. Clac !

Fin avril, la troisième fois que nous étions installéEs au cours Saint-Mauris, un miracle s’est produit ! Était-ce lié à l’événement « Pupitres en liberté » qui amenait un public mieux disposé ou juste la température qui se réchauffe (je ne parle pas que de la météo)... Toujours est-il qu’après des mois de persévérance - le resto de décembre autour de zéro degré reste un bel exemple de pugnacité - nous avons pu enfin constater qu’un moment de convivialité sur Dole est possible, avec des gens de tous horizons. Et que dès lors, un espace de parole s’ouvre. Ensuite, les barrières qui s’appellent cages, que la société construit avec la peur, s’effondrent, on se retrouve des points communs, on se découvre des aspirations communes et surtout on se rend compte qu’on partage la volonté de pouvoir vivre. Pas de faire semblant, pas de consommer, pas de rester scotchéEs derrière un écran. Prendre du temps avec les autres, échanger sur nos vies, dans la vraie vie. Et ça, cela vaut tous les rayons de soleil : des rencontres authentiques, c’est la société réelle qui s’esquisse, celle qui coule de source, pas celle artificielle construite sur le mensonge et qui n’a pour but que l’exercice d’un pouvoir despotique, l’organisation du profit et le maintien des inégalités sociales.
- Mes enfants, il n’y a pas de prince ou princesse dans ce conte, juste des êtres vivants qui refusent une société mortifère fondée sur l’exploitation, l’exclusion et la compétition et se donnent donc les moyens de construire des alternatives. Cela prend du temps et de l’énergie, mais sans ça, rien ne change. Le resto trottoir est une de ces alternatives, si tu veux nous aider, tu peux rejoindre le groupe, mais viens déjà partager un repas. Ensuite, si tu as envie, tu pourras participer ponctuellement ou plus régulièrement, à toi de voir, de trouver ce qui te convient.

Ce n’est qu’au bout de plusieurs mois, que nous avons commencé à utiliser le logo des Food Not Bombs sur les affiches, car nous nous organisons sans chef, en privilégiant l’action directe et le D.I.Y et que nos objectifs correspondent à ceux de ces collectifs informels autonomes qui distribuent de la nourriture végétarienne contre les guerres et pour défendre la planète depuis les années 80. Il n’y a pas besoin de passer par la politique, le simple fait de se retrouver et discuter librement, sans se sentir jugéEs, avec de personnes d’opinions multiples permet de lutter contre le nucléaire, le fascisme, le racisme, le colonialisme, le sexisme, l’homophobie, la transphobie, le spécisme, etc. et ainsi contrebalance la propagande des merdias. Si je comprends bien ce qui compte pour nous localement, c’est avant tout qu’il existe un espace non marchand, pour respirer et montrer ce qu’est la vie en dehors de ce système économique inhumain. Sur fakebook tu pourras bientôt retrouver plus d’informations https://www.facebook.com/groups/987795120421797

Cela aurait pu être la recette d’une secte.
Ingrédients :
Trouver un monde à l’envers ; une société invivable ; une prison à ciel ouvert.
Réunir un petit groupe de personnes déterminées à agir pour le commun.
Ingrédient secret :
L’amour, car c’est le véritable lien entre chaque être humain.
Préparation :
Commencer par la pratique, avec les moyens du bord, ajuster en fonctionnant par consensus.
Laisser mijoter plusieurs mois. Il est important de prendre son temps, il ne suffit pas de se réunir régulièrement, il est nécessaire de persévérer jusqu’à ce que le projet aboutisse. Servir toujours au même endroit, mais se déplacer si besoin, aller vers les autres, pour les aider à franchir le pas qui les sépare de nous.

Robot Meyrat.

Illustration de l'article par Claire Degres



À propos de l'auteur(e) :

Robot Meyrat

Éternel débutant, Chercheur de singularités, Créateur de chimères, Expérimentateur d’inédits. Inscrit dès la naissance à l’école de la Vie. Il m’arrive d’être drôle à mon insu. Je suis mon chemin. Résister au courant principal jusqu’à la Mort et au-delà.

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