Humeur Politique

Un ange passe…

Publié le 27 juin 2026 à 14:13 | Écrit par
Jean-Luc Becquaert
| Temps de lecture : 02m22s

Parmi les mails reçus récemment, je trouve un long message dénonçant une entreprise française qui vend des radars à la junte birmane, laquelle s’en sert pour éliminer le peuple Rohingya. Ce génocide en cours est une horreur absolue (quel génocide ne l’est pas ?), mais pourquoi ce mode étonné dans la rédaction du mail ? Qu’une entreprise qui fabrique des radars les vendent à des militaires qui s’en servent, semble être dans l’ordre des choses. Un ordre atroce et immoral certes, mais un ordre cohérent dans un monde ultra-libéral. 

J’ai écrit ici (voir “Vive la république !“), que l’élection municipale à Toulouse a été entachée d’attaques contre le candidat LFI de la part d’une officine israélienne. Pour info, l’affaire est bien plus grave encore, puisqu’on vient d’apprendre que le ministère de l’intérieur, informé par les services de renseignement, avait rédigé un rapport avant le deuxième tour qui n’a pas été rendu public (et qui n’est toujours pas transmis à la justice). Mais doit-on s’étonner de tels agissements de la part de notre ministre de l’intérieur ? Vu son CV, on ne peut que comprendre qu’il a été placé là pour réaliser les basses œuvres.. 

On peut condamner, on le doit même. Mais pas s’étonner.

À moins d’angélisme…

Ce mot laisse toujours sur mes papilles le souvenir des bâtons d’angélique confite, tellement bonne quand elle est faite dans un chaudron à l’ombre de la cuisine, si âcre et écœurante si elle est composée d’arômes artificiels et d’édulcorants chimiques.

L’angélisme, c’est pareil. C’est délicieux avec celles et ceux qu’on aime, c’est écœurant s’il s’agit de corruption, de mensonge et d’escroquerie politique. Même avec ce qui est proche de nous.

Un ami m’a envoyé un texte de la fondation Copernic, plein de bonnes intentions puisqu’il s’agit de combattre le fascisme et de défendre les antifas. Oui mais voilà, il n’y est question que de la nébuleuse du RN, et pas du fascisme rampant que Macron, Nunez ou Darmanin instillent depuis déjà trop longtemps. Il n’y est question que de rassemblement de la gauche sans préciser quelle gauche, en oubliant que depuis 30 ans le vain rêve d’une gauche rassemblée a laissé un vide tel qu’il est occupé aujourd’hui par la mesquinerie totalitaire, et en ignorant que l’élection à venir est une guerre contre le libéralisme et le fascisme de la finance (et non un grand moment citoyen auquel nous devons tous participer). Et une guerre se gagne avec une stratégie, des troupes et un programme (en cas de victoire). Pas avec des illusions.

Un ange passe…

Il me revient une anecdote qu’on prête à Jean Cocteau. Dans un diner mondain très ennuyeux, on s’emmerdait tellement que personne ne parlait. Un des convives ose alors : » Un ange passe… », et Cocteau du tac au tac : « Qu’on l’encule ! ». Le silence se fait plus épais encore. Alors Cocteau doucement : « Et en plus ça lui plait… ».

Voilà ce qu’il nous reste à faire. Ne nous gênons pas !



À propos de l'auteur(e) :

Jean-Luc Becquaert

Né dans une famille aimante et néanmoins de droite, j'étais destiné à une (brillante) carrière de DRH ou de responsable qualité dans la grande distribution. Ma rencontre à 18 ans avec l’éducation populaire dans une cave du XVIIIème (siècle) transformée en théâtre m’a définitivement détourné du libéralisme. Aujourd’hui, mon seul point commun avec Jacques Chirac, c’est le goût de la bière et de la tête de veau.

Anarchiste touche à tout et promeneur solidaire.
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