Santé

La fascination de la peur

Publié le 29/10/2020 à 08:48 | Écrit par L'irrévérencieuse | Temps de lecture : 03m57s

 

La rédaction de Libres Commères est divisée à propos de la publication de cet article qui, de ce fait, a tardé à paraître. L'oeil de la prudence surveille les chiffres de l'épidémie et s'en inquiète . L'autre, l'oeil critique, interroge l'action du gouvernement, sa communication et le relais qu'en font les médias volontiers « catastrophistes » pour mieux ferrer le chaland. Du coup, tout le monde, ou presque, louche à Libres Commères. Comme à son habitude, l'Irrévérencieuse n'y va pas avec le dos de la cuiller malgré la brume médiatique épaisse qui flotte sur cette épidémie. L'Histoire lui donnera peut-être tort. Peut-être pas. A vous de vous faire une idée et surtout de continuer à étayer et défendre votre point de vue en restant à l'écoute de ceux qui ne partagent pas vos options, et peut-être même du conflit intérieur qui vous perturbe comme il agite notre rédaction.

 

Je suis perplexe. Comment se fait-il qu’une bonne partie de la population soit encore sujette à la peur irrationnelle du SARS-CoV-2 au point d’accepter des mesures liberticides et paradoxales ? Un virus dangereux dans les restaurants à partir de 21h00 mais pas dans le métro bondé, par exemple !? Ces mêmes personnes disent aussi ne pas faire confiance aux médias mainstream... et pourtant c’est de là que provient la propagande alarmiste. Le Covid existe, il circule mais tue peu et en tout cas beaucoup moins que ce qu'on pourrait croire en écoutant les médias les plus proches du pouvoir. Par exemple dans notre Jura (sous couvre-feu préventif) : 250 000 habitants, environ 73 patients dont 5 en réanimation (source Voix du Jura), 6 morts (0,002%) depuis le début du mois d'octobre mais parallèlement 34 guérisons (chiffres du 25 octobre). Depuis le début de l'épidémie, on a fait des progrès conséquents dans le traitement des symptômes de la COVID-19 (1). Dans les milieux hospitaliers, ce n'est pas tant le virus qu'on redoute que le manque de lits et l'épuisement des personnels soignants. Les promesses du ministre Véran (14000 lits promis) ne sont toujours pas tenues, bien au contraire. On manquerait de soignants mais le privé n'est guère mis à contribution pour cette cause nationale. Bref on a l'impression qu'on ne se donne pas les moyens sauf pour crier au loup. A cause de la situation de délabrement de notre système hospitalier, nous aurons sans doute plus de « chance » de mourir d’un AVC, d’un problème cardiaque ou de toute autre urgence dans la file d’attente des services saturés. Mais non, les mêmes qui disent ne pas faire confiance aux médias mainstream écoutent plutôt les « politiques » et les « journalistes ». Vous pouvez leur montrer des résultats probants, leur faire visionner des vidéos parlantes et sourcées sur la réalité de cette épidémie, ben non, la peur demeure... Alors pourquoi !? Disons qu’on peut atténuer un peu la panique chez certains (ou certaines) mais ils (ou elles) la défendent quand même en soulignant encore et encore le « danger » et le « on ne sait jamais »... J’en suis venue à penser que cette peur leur convenait quelque part. Qu’elle présentait certains « bénéfices ».  La peur établit un régime d’exception, elle rompt la monotonie des jours (qui peuvent être si mornes). Elle crée un frisson, une alerte qui chatouille l’existence. Et puis surtout, cette peur est vertueuse, c’est le vecteur du souci d’autrui. Elle fait du peureux l’agent du bien commun, le moteur du principe de précaution, de la mise en garde, le soldat d’un combat collectif contre le danger. Finalement peu importe que ce danger soit complètement surévalué pourvu qu’on « participe », qu’on soit un petit lanceur d’alerte responsable et « protecteur » des inconscients. Les voilà satisfaits et réconciliés avec la multitude ou capable de lui faire la morale. Quand le bilan futur mettra en lumière les dégâts majeurs découlant des mesures appliquées par cette politique de la peur en regard des risques réels de mortalité de la maladie, ça risque de leur faire drôle aux petits soldats de la prudence exagérée. Il y a déjà, depuis janvier, 64 000 faillites déclarées, 800 000 chômeurs de plus. Je ne parle pas de ceux à venir. Je pense à l’événementiel, aux artistes, aux petits commerces et tout le personnel qui va avec. Je pense surtout aux enfants qu’on habitue à un monde de crainte et de distance et de culpabilité, à tous les malades pas soignés pour cause de report des examens et interventions. Les dégâts vont être immenses et nous n’avons pas fini d’en faire le compte. Un seul bon sens et une seule attitude à adopter : refuser cette « pandémie politique » et ses mesures disproportionnées. Battons-nous pour récupérer nos libertés et nos espaces de vie. Que ceux (et celles) qui nous bassinent avec leur principe de précaution prennent la précaution de réviser leurs principes. Je veux bien mourir, mais j’aimerais qu’il y ait du monde à mon enterrement... L’irrévérencieuse (1) Sur France Inter, jeudi 22 octobre, le Dr Karine Lacombe, pourtant réputée pour son alarmisme et ses attaques contre le « traitement Raoult », reconnaît qu'on a beaucoup progressé dans les traitements thérapeutiques curatifs qui soignent plus de 50% des malades de la covid. Elle reconnaît également qu'on reste faiblard dans le préventif. https://www.franceinter.fr/programmes/2020-10-22 (à partir de 39 minutes).




À propos de l'auteur(e) :

L'irrévérencieuse

Rombière réfractaire et iconoclaste, sage comme un orage et qui puise ses forces dans la fraternité.


Militante

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