Culture

Les mains de Catherine

Publié le 23 sept. 2024 à 17:04 | Écrit par
Jean-Luc Becquaert
| Temps de lecture : 01m39s

Evidemment, sa voix profonde et tellement expressive, cette voix qui savait scander ou crier aussi bien qu’elle pouvait chuchoter ou suspendre une note. Bien sûr, son regard pénétrant auquel personne ne pouvait échapper. Sa voix, son regard resteront liés à Catherine Ribeiro, comme cette lumière qui émanait d’elle. Cette lumière aussi noire que ses yeux et son casque de cheveux noirs. 

Pourtant ses mains ont toujours été ce que je voyais d’abord d’elle. Ses mains tendues vers la salle comme pour offrir toujours plus, mais aussi pour attirer à elle ce public dont elle avait tellement besoin. Ses mains en corolle devant son visage, comme pour mieux se recentrer avant d’expulser son cri d’amour et de désespoir. Ses mains qui étiraient ses bras pour se faire paraître encore plus grande. Ses mains qui marquaient le tempo. Ses mains qui voletaient autour d’elle. Ses mains qui disaient « écoutez ce que j’ai à vous dire ». Ses mains qui parfois tremblaient autour du micro. 

Ces mains étaient Catherine. Fines et fortes, offrantes et suppliantes. Catherine Ribeiro était entière, sans concession, et pourtant d’une sincérité totale. Elle a dit ses peurs, ses doutes, ses craintes, ses failles, comme dans « l’enfance », ce livre où elle se livre sans masque. Ses rares interviews la montrent presque candide, elle n’avait pas de masque, elle ne se cachait pas, mettant à rude épreuve ceux qui l’interrogeaient, habitués à jouer à cache-cache avec des stars qui ne savent que tricher. Catherine Ribeiro à sa manière était une star, une étoile noire, mais quelle étoile ! 

Alors qu’elle était au sommet de sa gloire, remplissant les plus grandes salles dans l’ignorance presque totale des médias, son intransigeance à l’égard du business l’a menée à son expulsion bientôt définitive des studios et des scènes. Piètre vengeance d’un pouvoir qu’elle a toujours combattu. Elle en a souffert, elle l’a toujours assumé. 

Il y a quelques jours, ja parlais de la mort de Catherine Ribeiro avec mon fils, sa réaction a été « merde, je venais juste de la découvrir ». Il a trente ans et découvre Catherine Ribeiro. 

Catherine Ribeiro existera toujours. Demain encore, on la découvrira. Demain. Les deux mains de Catherine. 



À propos de l'auteur(e) :

Jean-Luc Becquaert

Né dans une famille aimante et néanmoins de droite, j'étais destiné à une (brillante) carrière de DRH ou de responsable qualité dans la grande distribution. Ma rencontre à 18 ans avec l’éducation populaire dans une cave du XVIIIème (siècle) transformée en théâtre m’a définitivement détourné du libéralisme. Aujourd’hui, mon seul point commun avec Jacques Chirac, c’est le goût de la bière et de la tête de veau.

Anarchiste touche à tout et promeneur solidaire.
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