On pousse, on vote et puis on pousse encore (et on en remet une couche)
Il y a 90 ans tout juste, le Front populaire remportait la bataille électorale. Mais c’est la pression des travailleurs qui va rendre possible la victoire sociale, les accords de Matignon, la liberté syndicale, l’élection de délégués du personnel, des augmentations de salaires substantielles, la semaine de 40 heures et les congés payés.
Les années 30 avaient pourtant bien mal débuté dans le pays avec une crise économique majeure. La menace fasciste va contraindre les partis à gauche de la droite de l’époque, socialistes, communistes et radicaux, à s’unir pour former le Front populaire et remporter les élections législatives de mai 1936 qui portent Léon Blum au pouvoir.
Le brave homme n’est pas un enragé, loin s’en faut, mais avec plus de deux millions de salariés qui occupent leurs usines, leurs ateliers et leurs bureaux, le gouvernement de Léon Blum se retrouve dans la position du bélier que des millions de bras vigoureux poussent contre les portes du patronat qui comprend très vite que le rapport de force n’est pas en sa faveur et que ça risque de très mal tourner pour lui.
Certains ont regretté que le mouvement n’ait pas eu le temps de se radicaliser. Je pense que j’aurais été de ceux-là. Je soutiens aussi qu’après-guerre, l’Épuration en France comme en Allemagne n’a été qu’un écrémage bien trop superficiel au nom de la réconciliation nationale et de la reconstruction. Voilà donc une autre leçon à retenir de l’Histoire : on ne bâtit rien de sain avec des termites dans la boite à outils.
Pour en revenir à cet édito, l’été et les tongues ne sont pas propices aux grands bouleversements sociaux. On attendra donc septembre pour lancer les grandes manoeuvres. Mais on profitera des molles après-midis de surchauffe pour méditer sur la marche à suivre dans les mois qui viennent.
A Libres Commères, personne n’attend le grand sauveur de la France. Mieux ! On n’en veut pas. Mais comme en 36, avec Blum, on va saisir à bras le corps le bélier qui se présente (à l’élection présidentielle) et on va pousser pour défoncer le pouvoir corrompu. Pas pour y installer le bélier. Non ! Pour procéder au grand nettoyage de printemps ! Je vous passe les détails pour ne pas finir en garde à vue mais il faut se préparer à une longue période d’action car la bourgeoisie engagée jusqu’au coup dans les magouilles ne va pas nous laisser les clefs du camion en souriant : elle va sans aucun doute essayer de nous rouler dessus avec le bahut.
Une bonne manière de se préparer, c’est de suivre l’atelier constituant d’Eugénie Mérieau et Guillaume Meurice. Ça part un peu dans tous les sens mais les propositions ouvrent l’esprit et avant de se lancer d’une manière ou d’une autre dans l’action politique à la rentrée, ça donne une perspective. Car avant même qu’on aide le bélier à enfoncer les portes de l’Élysée, il va falloir lui faire comprendre qu’il est hors de question d’y prendre ses aises. On est là pour nettoyer le merdier (#Augias), pas pour s’installer dedans !
Bonne lecture.
A compléter par cet article si vous ne l’avez pas encore lu.
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À propos de l'auteur(e) :
Christophe Martin
Passionné de sciences humaines mais d'origine bretonne, je mets mes études en anthropologie et mon humour situationniste au service de mon action politique et sociale.