La jeunesse est un art
Mes chers enfants,
Depuis de nombreuses années, je souhaitais vous écrire quelques lignes. En effet, je n'ai jamais vraiment aimé comment darons et daronnes vous traitent depuis toujours.
Laissant passer le temps, les événements actuels m'obligent.
Je tenais à vous apporter tout mon soutien en ces temps troubles et troublés.
Je n'ai aucune leçon à vous donner, ayant, a priori, failli à mes obligations lorsque je voyais se dessiner les contours du fascisme. Car oui, j'ai manifesté, j'ai levé ma voix mais mon cri est apparu silencieux tant ce qui vous est offert aujourd'hui est empreint de toute médiocrité et abjections.
Non qu'un sentiment de culpabilité pathos s'éveille en moi mais bien, un constat d'une action inefficace pour tenir un cap plus serein pour ceux qui arrivaient après, c'est-à-dire vous.
Il tentent de vous faire taire en vous faisant passer pour de malfrats violenteurs. Je me rappelle, en 1998, les propos étaient les mêmes. Une bande de civils se jettent sur l'occasion pour décrédibiliser un mouvement , des informations désinformantes et la vieillerie prête à bondir contre ce jeune qui-ne-connait-rien-de-la-vie. « Cheveux longs, idées courtes », « vous verrez quand vous travaillerez », chaque jeunesse a eu son lot de diatribes pour bâillonner la pensée et l'esprit critique de la jeune génération. Ce que m'a appris, entre autre, d'être parent est que oui, la jeunesse est riche de cet esprit critique et de cette pensée fougueuse qui ne souhaite pas vieillir comme des cons que nous sommes. Et je rappelle à ces vieux emmitouflés dans leur confort : expérience n'est pas sciences.
Ce que vous fait subir l’État aujourd'hui est inqualifiable. Ce que vous font subir ces prétendues forces de l’ordre qui n'ont de force et d'ordre que l'autoritarisme qu’ils exercent en tout impunité et dans leur toute-puissance est abjecte et immonde.
Aussi, en tant que parents, nos discours sur les valeurs humanistes, le respect du cadre et la communication non violente ne sont pas favorisées par ces vandales de l’État qui vous massacrent à tour de bras. Nos discours sur l’intérêt de suivre une instruction digne de ce nom n'a plus sens dans ce chaos inégalitaire et cette institution éducative malmenée et mourante depuis tant d'années. Mais achevons-la, bon sang !
Chers enfants, nous sommes nombreux parents à être à vos côtés, à soutenir vos revendications.Vous avez le courage de vos opinions, et je vous salue. Je tenais aussi à saluer les adultes et leur présence physique qui tentent de vous protéger en s'incluant dans votre démarche.
En ce qui me concerne, je me retrouve aussi face à mon impuissance. Je ne sais comment faire cesser ce massacre et ce dévoiement de votre pensée première.
Chers enfants, je vous souhaite tout le courage du monde. Je vais tenter, avec mes quelques camarades dépités de continuer le combat de chaque instant. La bataille ne sera pas simple mais on va y arriver.
En attendant, prenez soin de vous, protégez-vous, restez unis.
Je vous embrasse,
Ray Spay.
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