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Mode sombre

Aujourd'hui, je vais vous parler trivialement de The Shift Project. En gros, le Shift (c'est son petit nom), c'est un think tank composé d'une équipe d'une quinzaine de personnes, d'ingénieurs, d'énergéticiens, d'économistes, de dynamiciens des systèmes... en fait une bande d'experts, des jeunes sortis de grandes écoles, des plus vieux sortis des mêmes écoles.

 

A la direction, Matthieu Auzanneau, un beau gosse quarantenaire spécialiste de l'économie et de l'écologie, gendre idéal. A la présidence, Jean-Marc Jancovici, polytechnicien et vulgarisateur scientifique à la rigueur toute militaire et non dénué d'humour, associé de Carbone 4, un cabinet de conseil en stratégie bas carbone et en adaptation aux changements climatiques pour grosses boites. Il est par ailleurs membre du Haut Conseil pour le Climat.

 

En parallèle du Shift, les Shifters, des bénévoles de « tous horizons ». Enfin, même sans y regarder de plus près on pourrait parier que certains étages biens desservis par l’ascenseur social y sont plus représentés que d'autres. Leur rôle est de donner corps au think tank dans son entreprise de lobbying.

 

La stratégie est simple. Travailler au plus près des instances du pouvoir politique et économique, quelles qu'elles soient. Ce think tank, qui a conscience de son rôle politique, milite pour que les objets qu'il traite passent de manière pérenne dans le débat public. Le Shift le dit : « Si le MEDEF peut nous aider à valoriser nos analyses, nous travaillerons avec le MEDEF ». Comprendre ici l'esprit, disons mercenaire, du Shift, même si d'aucun dirait qu'il s'agit de pragmatisme. Ils travaillent en fait, avec tout ceux qui le souhaitent. On retrouvera alors sans surprise Auzanneau se faire une petite sauterie avec le journal Fakir et Ruffin dans un café pour discuter de l'Histoire du pétrole, ou encore Jancovici à la fête de l'Huma. Le Shift Project est aussi spécialiste du grand écart.

 

Alors c'est quoi qu'ils font au Shift? Ils esquissent un grand plan de la mort qui tue pour sauver la France. De quoi ? De la mort qui tue justement ! De la fin du pétrole ! De l’effondrement de la biodiversité ! De la guerre ! De la famine ! De la maladie ! De notre auto extermination ! Ce « chantier d'urgence », c'est l'analyse de chaque secteur de l'économie, en mettant chaque domaine en perspective, l'établissement de priorités, tout cela dans le but de décarbonner la France. C'est une étude systémique et macroscopique et cela inclut la décroissance (en tant que phénomène incontournable).

 

En gros, le but c'est de sortir quelque chose de pas trop moche en vue de décliner de la manière la moins brutale et la plus organisée possible. La question c'est aussi et surtout, comment qu'on fait pour que cela soit socialement acceptable, et encore mieux : SEXY. Mais là on quitte le rôle du Shift et on entre dans le nôtre, celui de sortir un agenda politique concret du débat public à partir d'objets biens définis. Et c'est pas gagné.

 

E.B.A

 

En attendant, je m'en vais vérifier que notre député fait le taf à l'Assemblée Nationale et à la Commission Développement Durable . Ça sent l'article exclusif dans le Libres Commères #3 du mois de Juin...

 

 


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À propos de l'auteur(e) :

Elie Ben-Ahmed

Faux écologiste admis aux Gilets Jaunes sur liste d'attente, souffre d'hyperphagie informationnelle causant souvent des troubles de paraphrasite aigue. CAP "Technicien de Maintenance de l'Ascenseur Social - Option Scooter en Y" en cours.


Volontaire en sévices civiques

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