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Mode sombre

Photo d'illustration de Getty Image, récupérée sur BBC.com

 

Cet article est sorti en premier dans la version papier de Juin.

J’avais le cul bien au fond de ma chaise quand j’ai vu les premières images du mouvement #BlackLivesMatter aux États-Unis, et le premier truc que j’ai dû me dire devait être « P*tain fait chier les Ricains vont faire la révolution avant nous ! ».

 

Je vous avoue, mes chères commères, que ça me ferait ch***, m’embêterait, si un mouvement citoyen de révolte aboutissait aux États-Unis, pays des gros comme disait Pierre-Emmanuel Barré, où la tendance est d’habitude au capitalisme à outrance. C’est vrai quoi, les français sont réputés dans le monde pour être les vrais révolutionnaire ! Enfin, ça c’est ce que j’ai appris dans les livres d’histoire.

Bon, j’arrête de brasser du vent. Là où je voulais en venir, c’est que même aux États-Unis, pays fortement capitaliste, où, quand la population se plaint des effets du capitalisme, elle demande une intensification de celui-ci, il est possible de faire sortir tout le monde et de foutre le feu à des comicos. 

Pendant ce temps, dans le pays des révolutionnaires, les syndicats de police sortent à 50 devant la place Beauvau pour demander le retour de la pratique mortelle que Castaner vient de leur interdire pour la remplacer par une autre pratique mortelle. Et le pire, c’est qu’il risque de céder comme à chaque fois que les syndicats de police sortent à 50  péquenauds avec 25 caméras de chaînes nationales qui les filment. 

Mais pourquoi le mouvement #BlackLivesMatter marche aussi bien alors ? Nous, on se détricote depuis 2 ans pour ouvrir l’esprit de tout le monde vis à vis des problèmes de notre société, et pas grand-chose a changé ! Comme pour les Gilets Jaunes, ce qui a fait sortir les gens, c’est un motif banal, en France, le prix de l’essence, en Amérique, le racisme chez les flics… 

Il faut pas oublier que cela fait des années que l’essence est trop chère pour les familles dans les cités, les ZUP par leur petit nom, j’aime pas trop ZUP moi, je trouve que ça ressemble à ZUT !

Ça y est, je raconte encore des conneries, bon, j’en étais où ? Ah, oui ! La vie dans les cités, elle est devenue difficile il y a bien longtemps, et je pense qu’ils se sont sentis vraiment abandonnés, et leur vie difficile, elle faisait pas la une des journaux nationaux, pas comme les 50 péquenauds devant la place Beauvau. 

Il faut malgré tout que je prenne des pincettes, j’ai pas vécu en ZUP, et je raconte possiblement des conneries, mais je crois dur comme fer en une chose : le sentiment d’abandon, une fois qu’il est ancré, met fin à l’espoir de voir la situation s’améliorer, et donc supprime dans l’esprit concerné l’utilité de la lutte sociale. Alors peut-être que la clé de notre bataille se trouve là-bas, à la ZUP, avec ceux qui se sentent abandonnés par ce système depuis bien longtemps, et que la convergence des mouvements sociaux avec les cités permettraient une explosion de la lutte comme c’est le cas aux États-Unis.

Bon, malgré tout, on encourage quand même les Ricains à se battre pour la bonne cause ! Même si ils y arrivent avant nous (grrr!!), ils l’auront fait et ça c’est déjà un grand pas en avant dans la bataille.


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À propos de l'auteur(e) :

Lucien Puget

J'ai toujours été intéressée par la politique et le fonctionnement de notre société. Au cœur des luttes sociales à mes heures perdues, j'aime me faire témoin des bribes de vie de vous autres les humains, et j'en tire mes doctrines de vie et quelques anecdotes amusantes...


Lycéen curieux

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