28 octobre 2025. Gabriel Zucman est “invité” sur LCI, chaîne de télévision privée du milliardaire Bouygues. Il s’agit d’une “émission spéciale” intitulée “Va-t-on taxer les riches ?” – une question aussi scandaleuse nécessite en effet au moins une émission spéciale pour allumer un contre-feu à la popularité fulgurante de la fameuse taxe Zucman.
43 minutes et 40 secondes de supplice intellectuel mené tambour battant par Darius Rochebin et François Lenglet, caricature vivante du propagandiste de guerre de classes dont le niveau de malhonnêteté confine au légendaire.
Certain·es lecteurices nous reprochent un usage excessif de grossièretés qui nuirait à l’intelligibilité de nos articles. Nous nous efforcerons donc de rester dans les limites de la politesse. Mais puissent les intéressé·es mesurer la difficulté de l’exercice tant le degré d’abjection atteint est insupportable.
L’objectif de l’émission est limpide, transparent : tout faire pour disqualifier la perspective d’un taux de prélèvement obligatoire des centillionaires au moins équivalent à celui que subit le reste de la population (25 % vs 50 %).
Mais l’objet du présent article n’est pas une énième déploration de l’ignominie du “journalisme” à gages.
Car cette émission devrait être disséquée au scalpel (à défaut de pouvoir pratiquer l’opération sur la cervelle de Lenglet – opération dont le but relèverait certes davantage du sadisme cathartique que de la science, ayons l’honnêteté de le reconnaître). Chaque argument, chaque intervention, chaque élément du dispositif médiatique constitue en soi un cas d’école du matraquage idéologique imposé aux téléspectateurs depuis des décennies.
Les stratégies mises en place par Gabriel Zucman – qui mérite désormais sans conteste possible le titre de héros, voire de martyr – ne sont pas moins intéressantes à analyser, qui ne cessent de remettre le sujet de fond au centre du débat et parviennent à retourner certaines tactiques de l’ennemi contre lui.
L’analyse de cette émission constituerait presque un devoir citoyen. Mais pour cela, il faut des nerfs d’acier ou une maîtrise des techniques zen – l’usage de psychotropes risquant d’altérer la qualité du travail produit.
Nos espoirs de trouver des volontaires sont faibles, mais sait-on jamais : écrivez-nous.
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À propos de l'auteur(e) :
Un radis noir
Être radical, ce n’est pas être extrémiste ni fanatique : c’est s’intéresser à la racine des choses… À la racine des mots, pour pouvoir aiguiser les idées et les concepts… À la racine des maux, pour pouvoir espérer y remédier.