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Mode sombre

Un deuxième comptoir d’achat-vente de métaux précieux s’est ouvert rue de Besançon. A quelques dizaines de mètres de son concurrent. A l’heure où, à Dole, les boutiques éphémères risquent bien d’être de plus en plus nombreuses avec les sanglots longs des violons de l’automne, je devrais me réjouir de cette ouverture et ne pas faire la fine bouche. Le commerce, c’est le commerce, non ? Sauf que ces échoppes-là sentent l’exploitation de la misère. Qui peut bien vendre la bague de la grand-mère, les couverts du papy ou sa propre alliance sinon les pauvres bougres qui vont en chier dans les mois qui viennent, ceux qui espèrent tirer un peu de liquide dans ce mont-de-piété qui cache son clou derrière une devanture d’agence bancaire pour V.I.P. On te déroule le tapis rouge alors que tu n’as plus une tune et qu’on va gentiment te plumer en te faisant croire qu’on te rend service.

J’avais un apprenti qui ne mettait pas son petit pécule de côté à la banque. Il investissait dans l’argent, faisait fondre le métal dans son garage et se constituait une réserve en petits lingots, bien planqués dans sa bicoque. Il me disait toujours : « Vous verrez, M’sieur, quand le système bancaire va s’écrouler, mon magot à moi vaudra encore son pesant d’or. »

Dans Capital, notre confrère et néanmoins ennemi de classe Denis Gallant écrivait en septembre 2019 que la récession et le métal jaune faisaient traditionnellement bon ménage. Or la récession qui s’annonçait déjà à l’automne dernier, on est en plein dedans ! Faut pas se voiler la face ! Depuis 2008, le monde marche toujours sur la tête. Ça ne va pas repartir sur un claquement de doigts du pauvre d’esprit de l’Élysée. La rentrée va être un carnage économique et social !

Et qu’une deuxième petite boutique d’orpailleur s’ouvre en plein centre-ville n’a rien de réjouissant. Ça sent la crise ! Et elle va frapper tout le monde. Si on en croit Emmanuel Todd, il n’y a vraiment que les 1 % les plus riches qui ne vont pas s’en apercevoir. Pire, les oligarques et les très-hauts-fonctionnaires l’attendent avec impatience, cette crise ! Et avec l’aide de la peur du virus et d’un deuxième confinement, ils en profiteront pour nous mettre un peu plus encore au pas, au masque et au pain dur.


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À propos de l'auteur(e) :

Christophe Martin

Passionné de sciences humaines mais d'origine bretonne, je mets mes études en anthropologie et mon humour situationniste au service de mon action politique et sociale.


Formateur dans l'industrie et pigiste au Progrès

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