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Mode sombre

 

 

Au détour des réseaux en retour de manif contre la loi insécurité total... je suis tombé sur un film culte. Et quel film ! Depuis l'an 01 qui reste une référence des films militants presque 50 ans après. En 2020 voici que déboule sur nos écrans en VOD « Basta Capital ». Bon, c'est sûr, on est heureux quand dans la production hexagonale on a la chance de découvrir des films comme « Adieux les cons » déjà chroniqué sur Libres Commères ou plus récemment « Effacer l'historique » qui par la simple accumulation surréaliste des nombreuses aberrations de notre quotidien nous plonge dans le coté sombre de la tragi-comédie, comprendre un sourire aux lèvres, une larme à l’œil. Mais voilà Basta Capital lui réussit le tour de force de soumettre les patrons du CAC 40 à un tribunal populaire, exposant nombre des délits (pour lesquels il restent impunis bien que les faits soient connus) tout en présentant un programme politique qui pourrait fédérer toutes celles et ceux qui restent avant tout humainEs. Et personnellement je trouve ce film moitié dystopique génial. Contrairement à des documentaires orientés qui parfois piègent leur public, cas d'école : « Hold-up », ici la fiction permet de montrer les personnages avec leurs doutes, leur diversité et leurs nuances. C'est un film militant, mais joueur, intelligent jusque dans ses détails, comme qui pourrait représenter un risque réel pour les patrons. Ou encore la mort d’un militant à Bure comme justification de l’action, alors que Rémi Fraisse est déjà mort à Sivens.
Le film est très bien écrit, bien joué et réalisé avec maitrise et inventivité. Pour quiconque fréquente le milieu alternatif les personnages sont criants de vérité.

On pourra reprocher que la durée de l'enlèvement n'est pas réaliste, mais le but n'est pas là. La place du cas de la Grèce est importante, elle indique qu’il s'agit surtout de montrer comment mettre en place un programme vraiment anticapitaliste et des conséquences que cela entraînerait. En un mot c'est un film : "passionnant". Il a le mérite d'apporter un peu d'espoir en ces jours sinistres pour la démocratie. Avec l'émergence d'une volonté d'action proportionnée à la violence de l’état, des multinationales et de la finance qui se cristallise sur La Ronce, mon coté révolutionnaire se prend à rêver que ce ne soit pas une simple fiction, mais une solution concrète à la « crise ». Le monde d’après pourrait-t-il exister ? Que ce film puisse agir comme un révélateur auprès de la population qui pourrait alors ne pas se laisser opposer les uns les autres, comme semblent vouloir ENCORE le faire certains politiciens, afin de nous détourner de notre colère légitime contre un pouvoir inhumain.

Cet article a été écrit par Robot Meyrat. Dole le 28 Novembre 2020.
Article diffusé sous licence libre https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/deed.fr
Reproduction encouragée avec sources et sans modification.

L'illustration est extraite du film Basta Capital illustrateurs Romain Montalban et Raphaël Bianchi.

(Cet article n'est donc pas régi par les règles habituelles de diffusion consultable ici.)


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À propos de l'auteur(e) :

Robot Meyrat

Éternel débutant, Chercheur de singularités, Créateur de chimères, Expérimentateur d’inédits. Inscrit dès la naissance à l’école de la Vie. Il m’arrive d’être drôle à mon insu. Je suis mon chemin. Résister au courant principal jusqu’à la Mort et au-delà.


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