Léandre croque l’air du temps

Publié le 06/07/2023 à 22:42 | Écrit par La Rédac' | Temps de lecture : 15m07s

Vous connaissez ses dessins puisque qu’il égaie l’édition papier de Libres Commères depuis quatre mois déjà. Léandre a trente ans et il vient d’ailleurs. Micro.

LE MIRADOLE.- Quand j’avais rencontré Berth, un dessinateur comme toi, il m’avait dit qu’il avait abandonné le sport très jeune et qu’il dessinait, dessinait tout le temps. Comment ça s’est passé pour toi?

LÉANDRE.- Comme tous les gamins, je dessinais. J’avais quand même une facilité et ça a pris de l’ampleur au collège et au lycée où j’ai commencé à faire des blogs BD avec des copains.

LE MIRADOLE.- Et tu étais du genre à dessiner sur le coin du cahier à longueur de temps?

LÉANDRE.- Oui, c’était ça exactement.

LE MIRADOLE.- C’est donc pas un mythe, cette histoire. Ça existe.

LÉANDRE.- C’est ça. Je ne notais pas mes cours, je dessinais en fait. Du coup, j’ai fait une seconde arts plastiques et j’ai rencontré des copains qui aimaient le dessin et on s’est mis à faire des BD et moi, rapidement, j’ai commencé à faire du dessin d’actualité. J’étais le seul. Dès le lycée, j’avais un blog.

LE MIRADOLE.- Dès le lycée?

LÉANDRE.- Ouais, c’était l’ère Sarkozy à l’époque.

LE MIRADOLE.- Et donc ce n’était pas simplement du dessin d’illustration comme on le ferait ou de la BD…

LÉANDRE.- Très rapidement, c’était quelque chose qui ressemblait à du dessin de presse.

LE MIRADOLE.- Tu n’as donc pas fait les beaux-arts ou quoi que ce soit de ce genre d’école?

LÉANDRE.- Pas du tout. C’était 100% autodidacte. Je n’ai pas eu l’occasion, alors du coup, j’ai appris sur le tas. J’ai perfectionné mon style.

LE MIRADOLE.- Alors quand on apprend sur le tas, on regarde d’autres dessins de presse, on regarde ce que font les autres? Comment on se débrouille pour se faire un style soi-même?

LÉANDRE.- Au niveau graphique, c’est à force de dessiner que ça s’améliorait. Et au niveau des idées, j’ai peut-être été un peu influencé mais c’est vraiment venu comme ça à force de…

LE MIRADOLE.- Si on parle graphisme, sur tes dessins, on reconnait que ce sont des êtres humains mais on est loin de la réalité, alors comment est-ce que ça vient de faire ces yeux globuleux, tous ces trucs-là?

LÉANDRE.- Il y a eu l’influence des Simpsons, ça, c’est sûr. 

LE MIRADOLE.- Eh oui, c’est ta génération.

LÉANDRE.- Et il y a eu une grosse influence de la BD franco-belge qui peut avoir ce type de gros yeux, de gros nez…

LE MIRADOLE.- Genre Spirou?

LÉANDRE.- Oui, contrairement à beaucoup de gens de ma génération, je n’ai pas du tout été inspiré par tout ce qui est manga.

LE MIRADOLE.- De toutes façons, est-ce que dans le dessin de presse, le manga a eu beaucoup d’influence?

LÉANDRE.- Non, mais au départ, je dessinais dans mon coin, et ça aurait pu quand même influencer mon style graphique.

LE MIRADOLE.- Ouais, parce qu’après, il y a plein de trucs de mise en page qui peuvent jouer dans le manga. 

LÉANDRE.- Moi, c’est vraiment les BD de gamins, j’en lisais beaucoup quand j’étais petit et je pense que ça a influencé mon style sans vraiment que je m’en rende compte. Je n’ai pas cherché à recopier des auteurs que j’aimais bien.

LE MIRADOLE.- C’est toi qui a prononcé le mot de « style », alors justement, maintenant, tu as ta charte graphique perso. Quand tu dessines un personnage, il va tout le temps dans cette direction-là. Y a pas un moment où tu vas changer…

LÉANDRE.- Non, c’est figé.

LE MIRADOLE.- Voilà, tu as des réflexes comme on a une écriture, j’imagine.

LÉANDRE.- Ouais, c’est ça. Il faudrait vraiment que je me force pour changer de style de dessin.

LE MIRADOLE.- Ça vient donc spontanément maintenant. Et en dehors des particularités physiques de tes personnages, au niveau des mises en pages, du cadrage, tu as des particularités? Tu as tous les formats d’ailleurs, ce qui est terriblement gênant pour la version papier de Libres Commères, tu nous envoies des trucs qu’on n’arrive pas à caser dans le canard. Pour passer sur le web, c’est l’enfer. Il va falloir qu’on trouve des solutions pour te les diffuser malgré tout mais c’est pas facile.

LÉANDRE.- Le problème, c’est que depuis que je dessine pour La Décroissance, je me suis un peu adapté à ce journal. Ce sont des colonnes. Sinon, ta question c’était…

LE MIRADOLE.- Sur les formats. Tu fais selon l’inspi, tu n’as pas de plan défini.

LÉANDRE.- Oui, ça n’est pas figé du tout. Je peux m’adapter. Après, je ne lance pas non plus dans des choses trop compliquées parce que j’ai quand même le côté où j’ai pas fait d’école d’art. Si je pars sur quelque chose d’assez complexe, ça va vraiment me prendre beaucoup plus de temps que pour quelqu’un qui aura fait des études.

LE MIRADOLE.- Tu veux dire pour la structure et l’organisation générale? 

LÉANDRE.- Oui, c’est ça. Et c’est pour ça que j’aime le dessin de presse, ça me permet de rester sur des choses assez simples.

LE MIRADOLE.- Enfin… que tu considères comme simples.

LÉANDRE.- Par rapport à un dessinateur de BD avec un scénario, ça reste simple.

LE MIRADOLE.- Oui, parce que tu ne travailles pas sur des planches…

LÉANDRE.- Voilà. J’ai l’impression de faire quelque chose d’assez simple.

LE MIRADOLE.- De toute façon, ça sert ce que tu veux faire. Les auteurs de BD n’ont pas le même objectif que toi.

LÉANDRE.- Oui, je privilégie l’idée que je vais transmettre. Je veux que le message soit vraiment drôle. Au niveau graphique, j’essaie de faire quelque chose de joli, qui rend bien. Mais dans l’ordre, je vais trouver une très bonne idée et après, je me dis comment je vais la représenter, me débrouiller pour faire passer ce truc.

LE MIRADOLE.- On en arrive au côté presse du dessin de presse. Quand est-ce que tu te dis, ça, c’est une bonne idée? Ou si tu préfères, tu peux me dire le pourcentage de déchets. Ou comment ça te vient? Comme moi, quand tu as une connerie qui te vient, boum, tu l’écris tout de suite?

LÉANDRE.- Non, parce que je ne suis pas très organisé et même pas du tout. Souvent c’est en marchant. J’ai remarqué que les idées me viennent beaucoup plus facilement. Quand j’ai une idée, je dis: ah, c’est génial! Et j’essaie de la retenir parce que je ne note pas.

LE MIRADOLE.- Tu n’as pas de petit carnet?

LÉANDRE.- Non, souvent, je fais le dessin assez rapidement. Je ne laisse pas trop trainer une bonne idée. Mais ça peut vraiment venir n’importe quand. Le pire moment où je ne trouverais pas d’idées, c’est si je me pose et que je me dis: je vais chercher des idées parce que j’ai un bouclage. Ça marche pas.

LE MIRADOLE.- Mais tu es contraint malgré tout. L’autre jour, pour le bouclage de La Décroissance, il fallait vraiment le faire, quoi.

LÉANDRE.- Si vraiment je suis en difficulté et que je me dis, c’est le bouclage, il ne me reste plus que trois jours, je sais qu’il faut j’aille marcher, tout seul, sans musique sans rien. Et au bout de vingt kilomètres, j’aurai trouvé des idées.

LE MIRADOLE.- Ah ah ah! Après, faut rentrer tout de même.

LÉANDRE.- Ah bah, c’est sportif. Mais c’est ma seule technique et ça marche. Ça fait travailler mes neurones. 

LE MIRADOLE.- Tu es donc un péripatéticien. (NDLR: Aristote enseignait en marchant et les tapineuses racolaient en arpentant le trottoir) 

LÉANDRE.- Voilà.

LE MIRADOLE.- Mais tu te nourris quand même. Tu lis la presse?

LÉANDRE.- Mais je n’ai presque jamais d’idée en regardant un truc sur Internet. Même en lisant la presse, c’est rare. C’est vraiment en marchant, en regardant les gens, ou avec des amis, la famille qui me parlent de trucs, que ça me vient. Ils n’essaient pas de me donner une idée mais en me disant un truc, ça m’inspire une idée.

LE MIRADOLE.- Alors, est-ce que c’est vraiment du dessin de presse ou plutôt du dessin de… l’air du temps? 

LÉANDRE.- Oui, majoritairement, c’est plus l’air du temps. Il y a une petite partie dessin de presse mais c’est vrai. Je n’avais jamais réussi à mettre de nom sur ce que je faisais. Il y a l’aspect où j’essaie de faire en sorte qu’on puisse encore regarder mes dessins dans trois ans et encore les comprendre. Le dessin de presse, c’est un peu plus périssable. Je vois des vieux dessins que je faisais à l’époque sur l’affaire Sarkozy, c’est passé.

LE MIRADOLE.- Paul Bismuth, on s’en souvient encore mais ça passera assez vite.

LÉANDRE.- A vrai dire, je n’aime pas faire ce genre de dessins, c’est un peu superficiel. Je trouve que ça n’a pas trop d’intérêt. C’est un peu la petite histoire. Ça fait rire pendant deux ou trois jours et puis après, on aura oublié l’affaire. Après, il y a aussi le côté où je suis habitué à dessiner pour des mensuels. C’est un peu sur le temps long. Vu que je fais mes dessins en général, à peu près, un mois à l’avance, ça ne marcherait pas.

LE MIRADOLE.- Tu testes un peu tes dessins autour de toi?

LÉANDRE.- Oui, j’ai ma copine qui a bien l’oeil pour me dire quand c’est nul, ça, c’est pratique.

LE MIRADOLE.- C’est à dire… au niveau graphisme?

LÉANDRE.- Graphisme un petit peu mais pour les idées vraiment. Je lui soumets une idée et elle me dit: c’est super drôle. Et puis, il y a certains trucs où elle me dit: non, vraiment, c’est nul.

LE MIRADOLE.- Mais si ça se trouve, elle n’a pas les goûts de tout le monde.

LÉANDRE.- Ouais mais si, j’ai remarqué que les dessins où elle me dit que c’est moyen, c’est les dessins qui sont refusés.

LE MIRADOLE.- Tu as un gros pourcentage de retoquage? 

LÉANDRE.- Non, c’est assez faible. Je dirais même que c’est occasionnel. Souvent ils me les prennent tous. Je fais souvent la sélection en amont. Je me lance rarement dans un dessin où je me dis: mouais, l’idée est un peu bancale, c’est un peu moyen. Je réfléchis avant de me lancer dans le dessin.

LE MIRADOLE.- Dans La Décroissance, j’imagine que ça tourne toujours autour des mêmes idées.

LÉANDRE.- Oui, il y a des thématiques récurrentes. La critique du numérique, du tout bagnole. Surtout l’addiction au numérique. La surconsommation… mais sous le prisme des personnes du quotidien qu’on peut croiser tous les jours. Je préfère que les gens puissent s’identifier au dessin. Souvent j’y mets de l’autodérision. Tout particulièrement sur le numérique.

LE MIRADOLE.- C’est que je me suis dit en parcourant tes dessins: tiens, ça sent le vécu! Et c’est ton vécu à toi! Ce qui rend les choses plus percutantes encore.

LÉANDRE.- Oui, voilà. 

LE MIRADOLE.- Mais tu t’éloignes du dessin de presse du coup.

LÉANDRE.- Ben oui, mais je n’avais pas mis de nom dessus, c’est pour ça. J’aime bien un peu bousculer les gens. Dans le dessin de presse, ce sont souvent des gens connus, des politiques, donc ça ne concerne pas directement les gens. Ah ah, il a bien pris, Machin! et là, d’un coup: ah mais c’est moi, ça! 

LE MIRADOLE.- Alors si on en est à mettre des mots sur ce que tu fais, tu n’es pas vraiment dans la satire qui concernerait des personnages célèbres… ce que tu sais faire d’ailleurs, puisque je t’ai rencontré en manif avec des pancartes avec Macron…

LÉANDRE.- Oui, mais c’est plus occasionnel!

LE MIRADOLE.- Alors comment on pourrait définir ça? (NDLR: là, y a un moment de cafouillage car le Miradole ne sais plus trop ce qu’il cherche.) Bon, si je retrouve, je te téléphone. Bon, si on en arrive à ton état d’esprit, tu n’es pas un méchant.

LÉANDRE.- Non, je ne veux pas être méchant mais c’est comme si un pote fait un truc con, je le taquine, je me fous gentiment de sa gueule. Je ne cherche pas à être méchant et c’est pour ça qu’il y a aussi de l’autodérision. Il y a plein de dessin que j’ai fait où je suis largement concerné.

LE MIRADOLE.- En fait, c’est le mot dérision que je cherchais tout bêtement. Et tu te trouves relativement représentatif de ta génération ou pas? 

LÉANDRE.- En partie. Sur la partie numérique par exemple, je dirais que je suis à un niveau un peu moins élevé que ma génération.

LE MIRADOLE.- Tu n’es pas un geek parce qu’un mec qui marche vingt bornes pour trouver des idées, c’est pas dans l’air du temps justement…

LÉANDRE.- Mais pour autant le temps que je passe sur des écrans, ça reste énorme, même si c’est moins que d’autres gens de ma génération. Et je n’ai pas non plus le dernier iPhone. Mais je passe quand même du temps sur Internet. 

LE MIRADOLE.- C’est un petit peu normal, on s’intéresse à l’actu.

LÉANDRE.- Oui, mais pour moi, il y a un côté addictif, un moment où tu tournes en rond, tu scrolles alors que tu as fini ce que tu avais à faire.

LE MIRADOLE.- Perso, je scrolle comme tout le monde mais j’y cherche 1) l’inspiration, l’info sur laquelle il y a un truc à faire et puis 2) faut que je vois à quoi ressemblent mes contemporains. Si tu n’as jamais été sur Tik Tok, y a quelque chose qui t’échappe.

LÉANDRE.- Disons que, moi, si je fais ça, ça va me permettre de mieux comprendre comment marchent Tik Tok ou Tweeter mais par contre, je ne trouverai pas l’idée dessus. Et il n’y a pas besoin d’y passer sept heures par jour pour voir comment ça marche.

LE MIRADOLE.- Juste, comme le dessin, c’est ton gagnepain, y a pas des jours où tu flippes parce que l’inspi risque de ne plus venir.

LÉANDRE.- Non, ça ne m’est jamais arrivé. 

LE MIRADOLE.- C’est parce que tu es jeune. Tu as quel âge au fait?

LÉANDRE.- Je viens d’avoir 30 ans

LE MIRADOLE.- Ah tout de même, tu as donc déjà de la bouteille parce qu’à 30 ans, on a déjà vécu pas mal.

LÉANDRE.- Ouais, ça commence. mais sinon, ça ne m’est jamais arrivé parce que je sais que si je m’y mets, si je vais marcher, il y a toujours des idées qui vont me venir. Je pense que j’ai le sens de l’humour, il y a donc toujours des trucs marrants à trouver.

LE MIRADOLE.- C’est pas le tout de l’annoncer, comment tu en es sûr? Tu fais rire les autres déjà?

LÉANDRE.- Ouais. Je fais rire les autres. J’ai toujours des conneries à dire. Et en général, je ne suis pas du genre à qui on dit: oh, ta gueule, putain, t’es lourd! Normalement ça va! ou alors quand on me dit que je suis lourd, c’est que c’était fait exprès.

LE MIRADOLE.- Tu as édité un premier bouquin à compte d’auteur qu’on peut trouver…

LÉANDRE.- Dans quasiment toutes les librairies jurassiennes sauf à Saint-Claude.

LE MIRADOLE.- Si par-contre, on vit un peu plus loin ou qu’on n’est pas trop mobile, on peut commander sur Internet.

LÉANDRE.- Oui, sur le site de La Décroissance. Sinon, sur ma page FaceBook.

LE MIRADOLE.- Tu es quand même sur les réseaux sociaux.

LÉANDRE.- Oui, à fond. Mais en tant que Léandre dessinateur, que sur FaceBook. C’est ma famille qui m’a un peu forcé la main. Et puis un jour, il y a un énorme compte qui a commencé à me partager, alors ça a pris de l’ampleur et ça m’a motivé à entretenir la page.

LE MIRADOLE.- Tu n’es pas dolois?

LÉANDRE.- Non, je suis né à Villefontaine en Isère, la ville de Mila, y avait un prof pédophile aussi là-bas, que des créatures sordides…

LE MIRADOLE.- Ah, ah, ah! Donc tu t’es carapaté dès que tu as su marcher.

LÉANDRE.- Après j’ai grandi à Bourgoin-Jallieu qui dans le temps avait un club de rugby un peu connu. J’ai habité un peu à Bourg, puis longtemps à Lyon où j’ai fait mes études.

LE MIRADOLE.- Des études de quoi?

LÉANDRE.- Commerce international. Un BTS. J’étais à deux doigts de faire une prépa pour des grandes écoles, genre HEC…

LE MIRADOLE.- Donc tu ne voulais pas faire carrière dans le dessin.

LÉANDRE.- A la base, je faisais ça en loisirs. J’avais une petit blog pour rigoler. Comme c’est un monde très fermé, jamais je ne me suis dit: on me donnera de l’argent pour mes dessins. Donc, ce n’était pas prévu. Mais pour autant les études que je faisais, je sentais que ça n’allait pas le faire.

LE MIRADOLE.- Commerce international, ça permet de voir des choses.

LÉANDRE.- J’étais content, je voyageais, j’apprenais les langues étrangères, tout ça, mais après, le côté administratif, faire du commerce dans un bureau, j’ai vite compris que ça allait me gonfler, c’est pour ça que je n’ai pas fait cette prépa. Du coup, j’ai commencé à travailler dans le… recouvrement. Puis je suis remonté sur Strasbourg. Quand j’ai rencontré ma copine qui habitait à Lyon, on cherchait une ville où s’installer, on n’avait pas trop de contrainte ni l’un ni l’autre, on a vu Dole, c’était une petite ville, c’était joli. Je cherchais une petite ville agréable, proche de la nature. Et puis, j’ai toujours été attiré par le Jura, je trouvais c’était un beau département.

LE MIRADOLE.- Tu as une prédilection pour la couleur?

LÉANDRE.- A la base, non. C’est le point noir de mon travail. Mon premier numéro avec La Décroissance, on était encore en noir et blanc. Ça m’allait bien. Mais ils sont passés à la couleur et je me suis mis à la couleur mais très simple. Je ne regrette pas du tout d’être passé à la couleur mais à la base, c’est une partie où je ne suis pas à l’aise.

LE MIRADOLE.- Et à Dole, c’est Robot Meyrat, un gars de chez nous qui t’as découvert.

LÉANDRE.- En manifestation, il est venu me voir. Il m’a présenté ce journal. A ma grande surprise. J’ignorais qu’il y avait ça. J’ai aimé le ton et c’est avec grand plaisir que je fournis des dessins.

LE MIRADOLE.- Il est gentil, ce garçon, ah ah ah!

LÉANDRE.- C’est sincère. C’est souvent qu’il y a des petits canards locaux qui me demandent et bof, ça ne me motive pas. Là, ça me motive vraiment, je me dis: c’est marrant.

LE MIRADOLE.- Bon… on va s’arrêter sur cette note d’auto-promotion.




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