Voici un panorama patchwork assez complet du Forum antifasciste des 4, 5 et 6 septembre dernier à Lons-le-Saunier. On l’a cousu à quatre. N'hésitez pas à dérouler jusqu'au bout.
Le rouge et le noir
par Claire Denotaire.
Le premier weekend de septembre marquait la rentrée des assoc’ dans toute la France, mais celle de la ville de Lons-le-Saunier, bled perdu pompeusement considérée comme la capitale administrative du Jura, s’est teintée de rouge et de noir.
Durant trois jours, la ville a hébergé le premier forum ouvertement « antifasciste, décolonial et contre la guerre » proposé à la population, gratuit, festif et instructif.
Organisé par le collectif Jura Antifasciste (ci-après AFA39), le forum proposait du vendredi soir au dimanche après midi : tables rondes, conférences, jeux militants, concerts et manif.
Les sujets, variés, allaient de la lutte contre la tendance masculisniste au soutien au peuple Palestinien enfermé dans une guerre génocidaire, en passant par la lutte contre la multiplication des centres de rétention administrative, les dérives réactionnaires du New Age et de l’écologie libérale, la tendance à la militarisation des jeunes ou encore l’antifascisme en ruralité.
Et si la préfecture regrette un tag ou deux laissés, peut-être durant le cortège du dimanche matin, les participant.es au forum se disent ravis d’avoir vécu une telle expérience.
Car les membres de l’AFA39 ont bien fait les choses !
La programmation et le choix des intervenants, bien sûr, mais aussi le village antifa où pas moins de 10 collectifs antifascistes du Grand Est présentaient leur parcours et leurs luttes, la cantine, vegane et surtout délicieuse (n’en déplaise à l’homme-rosbif-qui-a-des-gros-biscottos-et-une-plus-grande-gueule-que-la-grenouille-à-la-grande-gueule), les pizzas au feu de bois du samedi soir, la buvette qui mettait à l’honneur une brasserie bio et locale…
La grosse, très grosse journée du samedi s’est déroulée place de la Comédie, place archi-bourgeoise s’il en faut, vue sur la Chambre de Commerce et d’Industrie, Vieux Lons et 17 caméras, sans heurts ni avec les riverains, ni avec les agents de police venus demander sans trop insister la fin des réjouissances le soir, plusieurs heures après le couvre-feu prévu.
L’orga avait prévu un service d’ordre pour permettre à chacun.e de retourner à son véhicule en toute tranquillité le soir, un stand de réduction des risques qui semblerait-il a distribué pas mal de matériel de prévention et de bons conseils, un coin enfants pour que ce ne soit pas la corvée pour eux d’accompagner leurs parents, un système de sleeping pour toute personne intervenant de près ou de loin, et un lieu de camping tout confort pour les visiteur.euses.
Le Local, tiers-lieu autogéré et bar associatif lédonien, a également accueilli plusieurs activités de jeu, de micro-conf’, ainsi que la cantine du dimanche après la manif.
Quant à la manif, elle a déroulé son cortège dans les rues de Lons au cri de « siamo tutte antifasciste » pour un peu féminiser les vieux slogans, a un peu chamboulé les participant.es du forum des assos et de la biodiversité (ou inversement), avant de prendre la parole devant le monument aux morts (fort laid, comme tous les monuments aux morts, ampoulé, pesant, ne rendant hommage ni à toutes celles et ceux qui sont mort.es à cause de la nation, ni à l’art sculptural du XXe siècle). Il se peut que quelques stickers militant aient décorés durant le parcours quelques poteaux et abris-bus, ce qui rend quand même plutôt mieux que les affiches pour l’ex-futur meeting du RN-avec-Ju-Lien-O-Doul à Gevingey, seul village du Jura à avoir subi une rafle durant la 2eGM.
Bref, c’était chouette.
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Le présent d'un futur dystopique
par Zing.
Dans un univers parallèle à notre réalité, nous aurions pu nous demander si les heures sombres de l’histoire comme on nous l’a conté ne seraient pas de retour aujourd’hui.
Mais cet univers parallèle n’est peut-être pas si éloigné des heures d’avant-guerre ?
Vous savez, la Grande Guerre, celle qui pourrait revenir si nous ne restons pas vigilants.
Dans cet univers, nous sommes, nous, humains, confrontés à un monde en pleine décadence, où chaque seconde est l’affaire de tout un chacun pour garder les fondements de notre société en bon état.
Pour cela, le CERVEAU dicte ses doctrines pour permettre au plus grand nombre de vivre heureux sans avoir à se soucier d’autre chose que de son bien-être.
Et comme bon maître à penser, celui-ci gère la coordination du reste du corps pour garder cet équilibre.
Mais un jour, le drame arriva !
Non contents de leur condition de PLP (NDLR : pue-la-pisse), quelques individus décrits comme extrêmement dangereux remettent en cause l’existence même de cette supériorité par leurs idées.
Comme un bon chien de garde du CERVEAU, la MAIN fouille toutes les petites erreurs disponibles pour abattre sans traîner cette dangerosité, mettant même sa fierté et son intégrité de côté.
Il est tout à fait de bon ton pour la MAIN de procéder ainsi, elle qui ne rêve que de pouvoir… poser ses valises sur un transat ensoleillé, loin de toute emprise du BRAS qui lui ne remet jamais rien en compte et qui réclame toujours plus de poigne dans un gant de fer – le velours étant bien trop cher.
Alors la MAIN, elle, s’en va voir la VOIX pour mettre en place un discours horrifié et horrifiant. En expliquant que la vague rouge, cette extrême radicale de la « gauchiasse », est dans nos rues, prête à tous les sacrilèges pour troubler l’ordre public, mais surtout pour tuer sans concession les idées que le CERVEAU a eu tant de mal à imposer, cerveau qui a lavé le blob crédule des gens.
Mais pire ! Cette bande pourrait s’en prendre directement aux membres de la MAIN, si bienveillants pour leur patrie !
La VOIX en reste bouche bée.
Mais que faire face à tant de haine, de rancœur non fondée ?
Sans perdre de temps, elle convoque les MOLAIRES pour lui apporter de quoi se mettre sous la dent, et mettre à bas cette raclure de fond de chiottes gauchiasse.
Et profitant, si l’occasion se présente, pour trainer ceux qu’on appelait encore il y a peu «l’opposition», après qu’ils ont été déchus de leur titre de parti politique et trainés dans la boue, les ramenant par là même à leur nouvelle condition d’ennemis du CERVEAU, à abattre par tous les moyens.
Fort de cette habitude à boire la salive des autres, la VOIX trouva dans une CANINE une écoute très inattendue, qui lui rapporta rapidement la présence de dangereux individus munis d’un crayon non effaçable à l’eau dans les rangs de cette secte anti cérébrale.
Cette nouvelle souffle fraichement par les DOIGTS de la MAIN ou simplement par la PAUME.
Elle-même allait devenir le protagoniste de cette fabuleuse histoire où l’Etat un jour trembla devant un Posca !
Quel beau titre racoleur et « putàclic » à souhait que voilà !
Il vaut bien le « Tuer les flics ! » que la VOIX fera paraître un peu partout dans nos contrées, de la cité jusqu’à tout l’Hexagone.
Cela ne demanda que très peu de remise rapide en question pour les MOLAIRES qui, elles, s’empressèrent de mettre le tout en forme textuellement et graphiquement, avec des effets spéciaux dignes des grands films de Dark Vador.
C’est envoyé, c’est paru, c’est imprimé…
La MAIN vibre jusqu’au bout des DOIGTS qui jubilent.
Fini la gauchiasse ! On en sent la fin.
Le BRAS vibre dans un élan frénétique, autorisant à son tour la diffusion par AFP.C (NDLR : agence de presse corrompue) d’un billet bien ficelé à retransmettre.
Le CERVEAU est en pleine euphorie, les effets de cette nouvelle font l’effet d’une drogue dans ses murs, tous les canaux sont noyés sous la béatitude de cette nouvelle…
Enfin, la mise à mort est proche.
Malheureusement, comme avec toute forme de drogue, lorsque les effets s’amenuisent, le bad trip commence.
Celui-ci arrive par le biais d’une simple photo rapportée par les participants à cette manifestation décadente.
En effet, le dit tag incriminant avait été lu en biais, les éléments incriminants falsifiés…
Heureusement, ce n’est qu’une histoire de dystopie, même si la MAIN et la VOIX, qui vraisemblablement partagent les mêmes goûts en termes de lecture, auraient aimé en faire une réalité.
C’est à se demander si la MAIN n’aurait pas fait un poil de zèle pour plaire au BRAS et au CERVEAU pour gagner sa place au soleil, ou simplement valider la nécessité d’avoir plus de DOIGTS (certainement tatoués d’une Croix de Fer, ou autres symboles) plus rapidement… à sa disposition et pour conduire son inquisition.
Nous pourrions aussi nous attarder sur le fait que le timing est trop parfait pour ne pas penser à la loi dite permis de tuer ?
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Libres Commères chez les antifas
par Christophe Martin.
Je ne suis jamais très chaud pour faire des kilomètres en bagnole afin d’aller écouter quoi que ce soit. Le 5 septembre, c’est donc par devoir que je me suis d’abord rendu à Lons. Devoir ? Eh oui. J’ai un peu suivi l’organisation du forum de l’AFA39, j’en ai parcouru le programme et devant l’effort fourni et la teneur des débats, j’ai pris des exemplaires de Libres Commères sous le bras et j’ai débarqué place de la Comédie avec un autre camarade. Nos potes dolois nous y attendaient mais également les autres membres de l’organisation du forum et déjà pas mal de participants. Vers 10h30, ça s’activait de partout et je ne savais pas trop trop où poser les journaux. L’auto-organisation demande à chacun de trouver lui-même sa propre place.
Petit tour à la bibliothèque libertaire : on y découvre un numéro de Libres Commères, je m’empresse d’approvisionner le rayon. On discute en feuilletant deux ou trois bouquins : on rêverait d’un tel local à Dole. Pendant la campagne présidentielle de 2017, avec les Insoumis, on avait commencé à faire circuler des bouquins politiques sur une étagère mais cette affaire de prêt a fait long feu. On peut bien sûr emprunter des ouvrages dans le tiers-lieu de Tympan mais une vraie bibliothèque politique, c’est une idée à suivre.
En tant que journal indépendant, on a pu discuter avec quelques représentants de la presse indépendante et ce n’est jamais désagréable de savoir qu’on n’est pas trop mal considéré hors de Dole : du côté des antifas, on a même plutôt bonne presse. Question médias traditionnels, ça ne s’est pas pressé au portillon. Notons tout de même que Radio Canut a enregistré la conf’ de Richard Monvoisin, on y reviendra.
A en croire le discours des officiels de droite du Jura, les antifas formeraient une bande d’individus peu recommandables qui se répandent en propos ignominieux et qui appellent à l’interdiction de tout ce qui ne leur plaît pas. Doux Jésus ! En fait de voyous, j’ai rencontré des gens aimables, pacifiques et bienveillants. C’est à se demander si on parlait des mêmes.
La table ronde de samedi matin avec des groupes antifascistes du Grand Est a montré qu’en milieu rural, la lutte était pour le moins compliquée, la droite conservatrice y étant implantée de longue date. Les exemples cités m’ont porté à penser qu’on n’a pas les pires à Dole. Toujours est-il que dans les campagnes, des camarades se mobilisent pour ne pas être submergés mais cette droite bien rance est partout. La moindre manifestation festive est l’occasion de marquer sa présence. Pas facile de la contrer sur ses terres. L’une des intervenantes a fait une déclaration marquante : il faut faire très attention, notamment pour les néo-ruraux, à ne pas donner l’impression d’arriver d’ailleurs avec la bonne parole et les bonnes idées. La solidarité existe bien évidemment dans les campagnes, dans les cafés, sur les vide-greniers. Le sentiment d’avoir été abandonnés par l’État avec la dégradation générale de services publics pousse les gens des campagnes à refuser tout ce qui vient de l’extérieur. Il est donc urgent de prendre en considération ce qu’ils sont et ce qu’ils endurent avant d’apporter des solutions toutes faites. Il faut sans doute d’abord écouter, quitte à ce que ça écorche un peu les oreilles, avant de pointer les contradictions de la pensée fascisante.
Il faisait beau, la cantine végane était bonne : on a mangé frugalement mais dans une bonne ambiance. Franchement, Jeanbaga et cie, vous avez raté quelque chose. Vous auriez sans doute trouvé exotiques les intervenantes du collectif Urgence Palestine. La liaison en direct avec Gaza n’a pas été des plus faciles mais on a tout de même pu se rendre compte de l’horreur insoutenable de la situation là-bas. On a enchainé presqu’aussitôt avec Richard Monvoisin, didacticien des sciences à l’université de Grenoble, spécialiste de l’étude des croyances et des théories controversées. Il était venu parler des dérives du New-Age qui peut virer à l’extrême-droite lorsqu’il se radicalise. L’accompagnait Eva (j’ai zappé son nom de famille), chercheuse-critique sur la biodynamie, elle-même issue d’une famille très marquée par le New-Age et qui a posé un regard quasiment clinique sur le dérapage de ses parents. Il a été intéressant d’entrevoir comment des idées qui se présentent à l’origine comme plutôt cool et épanouissantes peuvent virer au dogmatisme spirituel autoritaire si on n’y prend pas garde. Sans garde-fou scientifique, ces démarches qu’on ne peut pas condamner d’office offrent chez l’individu vulnérable qui s’enfonce dans ces croyances « rassurantes » une prise pour le sectarisme et pour l’autoritarisme. En fait, toute croyance a tendance à bannir la tolérance car le dogme ne souffre pas de contestation contrairement à la théorie à caractère scientifique qui doit s’y confronter. Les interventions ont été très stimulantes et si je souscris à la démarche générale du zététicien qu’est Monvoisin, je trouve plus contestables ses prises de position contre la psychanalyse. La pseudo-scientificité de la discipline ne permet pas d’affirmer comme le fait le chercheur grenoblois que tout est à jeter dans l’héritage de Freud. Il a d’ailleurs reconnu comme je le lui ai suggéré que le refoulement était à laisser au crédit du docteur viennois, quitte à lui trouver un autre nom.
Ce que j’ai retenu de la conférence, c’est que la science est un espace de conflit et de débat, tout comme la politique. Le recours à la violence et à la condamnation est la négation du dialogue et de l’esprit critique : l’esprit autoritaire écrase la contradiction en science comme en politique. Dans sa publication Facebook du dimanche 6 septembre, Jean-Baptiste Gagnoux adopte cette attitude. Sans examen du phénomène (un malheureux graffiti philosophico-libertaire « tue le flic dans ta tête »), il reprend la condamnation préfectorale de propos jugés ignominieux et criminels sans même savoir de quoi tout cela relève exactement. Sans prendre le temps d’analyser tous les éléments de la situation et suivi par 228 moutons avec de la laine dans les yeux, il abonde dans le sens d’un préfet revanchard et aveuglé par son désir de trouver la petite bête contre une manifestation qu’il n’a pas pu interdire (c’est bien la peine de se recueillir pieusement dix jours plus tard devant la dépouille de son collègue en la basilique Notre-Dame de Dole, lieu de tolérance et de pardon, ce me semble).
Bref, mon séjour chez les antifas s’est poursuivi sur les réseaux sociaux à appeler le maire à un peu de retenue.
Si l’épisode a permis au fan club de JB Gagnoux de déverser sa bile, il a permis aux Insoumis de se montrer solidaires d’AFA 39. Contre la déferlante furieuse, la gauche digne de ce nom a fait front de manière solidaire : une leçon à retenir pour les mois qui viennent. Tiens-toi le pour dit, Kilian Marlin !
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Comment je me suis radicalisé
par Robot Meyrat.
Début septembre à Lons-le-saunier, j'ai assisté à un forum antifasciste qui m'a mis de la joie dans le cœur. Je l’ai vu ensuite traîné dans la boue par nos adversaires, son image lynchée en place publique.
La tâche semblait démesurée pour l’AFA 39, c’était sans compter sur ce qu'un organisme collectif peut faire quand il se se coordonne, quand chacunE fait de son mieux pour qu'un rêve existe. J'ai vu ce que la vie peut donner quand elle n'est pas un simulacre. J'ai vu l'humanité quand elle est bienveillante et consciente installer des toilettes sèches, pas parce que c'est imposé par des règles, mais parce que si on est libre des lois, on apprend à agir en étant responsable. Installer une crèche et voir en conséquence la manifestation prendre une dimension familiale, devant la scène une farandole d’enfants qui couraient révolutionnant l’ambiance. Je me suis émerveillé devant la diversité des stands, j’ai pu y fabriquer des autocollants à la main en écrivant des questions que je me pose. Découvrir un texte de Carlo Cafiero ou le fanzine bisontin le Donze Libéré. Constater que des personnes peuvent être assez ouvertes d’esprit pour écouter la conférence de quelqu'un qui est enfermé dans une approche scientifique de la réalité et remet en cause leurs croyances, leurs réalités. Mais réussit à le faire sans les stigmatiser et tente même de créer un pont entre son univers et les leurs grâce au placebo. Malgré leur désaccord, discuter et poser des questions, même après la conf encore essayer de se comprendre. Nous sommes dans une société où les faits ont moins d’importance que les opinions, et où elles peuvent cohabiter si aucune ne prétend être l’unique valable. Il y a le réel, mais toutes les croyances sont vraies. Des conférences toutes plus intéressantes les unes que les autres, pouvoir discuter du génocide des palestinnienEs pendant qu’un graffeur en même temps réalise une fresque en soutient à la Palestine et rappelle pourtant que ce n’est pas le seul génocide, de même que les juifs n’ont pas le monopole de la souffrance, il n’y a pas que la Palestine qui compte, il est nécessaire de lutter contre tous les génocides. Et entendre une des invitéEs, qui a fait partie de la flottille globale le rappeler. Justement dans une autre conf, j’ai appris les horreurs des camps de concentration appelés C.R.A et le nombre effarant d’enfants enfermés, alors que l’Europe l’interdit pourtant. On dirait que les lois ne doivent être suivies que quand ça les arrangent. Un peu comme ses politiciens qui restent au pouvoir avec des condamnations, ou ces flics qui montrent un drôle d’exemple en ne suivant pas le code de la route. Nous n’avons que des devoirs, ils ont tous les droits. Certes, s’il y avait de la joie, elle était souvent plus dans la résistance, de réussir à ne pas baisser les bras face à l’adversité. Dans une autre conf, j’ai pu me réjouir d’apprendre que le service national universel cher à Macron a échoué à embrigader les jeunes. Ce que j'adore aussi dans l'autogestion et l’éducation populaire, c'est que c’est tout un modèle de société, apprendre à vivre ensemble, tu n'attends pas que l'on t'oblige avec des règles, tu te proposes pour participer là où il y a besoin d'aide. ChacunE a mis la main à la pâte pour pouvoir permettre à chacunE de venir participer et manger, en installant et en rangeant à la place de la comédie ou au Local de Lons, en préparant la nourriture, en la servant, en nettoyant la vaisselle ou les lieux. J'ai aussi passé la nuit dans un des sleepings qui étaient organisés pour pouvoir accueillir tout le monde. En discutant avec des membres des autres organisations j'ai remarqué qu’un certain nombre d’antifa travaillent pour l’Éducation nationale, peut-être qu'avoir une bonne connaissance de l'histoire, ça aide à avoir envie de ne pas la laisser se reproduire.
Et quand je suis reparti de cette fête...
J'ai entendu que le préfet du Jura parlait d'appel au meurtre. Que le maire de Dole enchérissait ! Le journal local n'a pas hésité à publier un article avec la photo floutée pour cacher ce gros mensonge, car il n'y a eu aucun appel à tuer les flics. Juste un tag invitant à se débarrasser de l'autorité qui nous pourrit la vie dans notre tête, quand on se flique trop. Ils le savaient parfaitement et pourtant les chaînes télé nationales ont fait exister ce mensonge dans la tête de tout leur public et ne publieront jamais de démenti. Voilà la fabrique du mensonge, la fabrique du cauchemar qui nourrit les droitards. J'ai vu un fait concret de comment tout est manipulé, j'ai vu les responsables qui soutiennent les idées d’extrême droite. J'ai vu un exemple d’humanité être sali par ceux qui devrait avoir honte quand ils se regardent dans une glace d'être aussi ignobles, aussi inhumains. Des monstres de lâcheté qui oublient que les principaux terroristes sont ceux qui servent l'état, et ont pris leur défense face a des menaces inexistantes. C'est l'histoire de la petite araignée épeire qui fait peur dans tous les foyers car elle aurait essayé de tuer Terminator ou Robocop.
Après, c'est vrai que tous les manipulateurs ont raison de nous craindre, car nous devrions mettre leurs têtes sur des piques, si nous n'avions pas si peur de devenir alors comme eux… et tellement envie de continuer à être différent, à construire un monde sans adversaires.
Alors, oui, je me suis radicalisé, je ne donnerai plus d'énergie aux stratégies d’un maire qui se croit roi,
pour moi il n'existe pas, il est insignifiant, seules comptes ses nuisances. Et la meilleure façon de lutter contre, c'est peut-être d'arrêter de laisser croire que parce qu'une minorité délègue à des représentants du pouvoir, ils auraient une quelconque légitimité. Ils nous imposent leur contrôle, leur iniquité, leur corruption. Entre attendre le grand soir et passer par les urnes, cela fait longtemps qu’avec mes amiEs nous avons choisi de mettre notre énergie dans des projets solidaires, à faire l’impossible pour que vive concrètement une société faite d'alternatives, qui, étape par étape, nous sortira de leur capitalisme.
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La Rédac'
Donner la parole à ceux qui ne l'ont pas, voilà une noble cause ! Les articles de la Rédac' donnent le plus souvent la parole à des gens que l'on croise, des amis, des personnalités locales, des gens qui n'ont pas l'habitude d'écrire, mais que l'on veut entendre...