Politique

Envoyé spécial en extrême-centre

Publié le 15 oct. 2026 à 21:12 | Écrit par
Léandre
| Temps de lecture : 02m46s

Après la victoire stalinienne du líder máximo Glucksmann à la primaire socialiste, je déclare la campagne présidentielle 2027 officiellement lancée ! Pour vivre pleinement ce moment de divertissement, je me suis fixé un objectif : assister aux meetings et réunions publiques de tous les candidats qui passeront dans la région. Et on commence avec du lourd.

Il y a les reporters qui vont en Syrie ou en Afghanistan. Mais ça reste petit joueur par rapport à ce que j’ai subi dimanche 11 octobre : le congrès du Parti radical, groupuscule ayant prêté allégeance aux macronistes. Pour l’occasion, ce parti centriste-mou accueillait en guest stars pas moins de trois anciens Premiers ministres : Édouard Philippe, Gabriel Attal et Élisabeth Borne. J’espérais que les deux premiers, concurrents pour 2027, se mettent sur la gueule. Mais cette matinée s’est finalement révélée d’un ennui mortel.

Après les prises de parole insignifiantes d’inconnus du Parti radical, François Rebsamen a pris le micro pour meubler en attendant les trois anciens chefs de gouvernement, qui se faisaient désirer. Le tout dans une salle terne au possible, décorée de quatre arbustes moribonds et remplie d’un public comptant à vu de nez pas plus de 200 personnes, plutôt âgé et surtout très à l’aise financièrement.

L’ancien maire de Dijon et éphémère ministre de Macron s’est lancé dans un discours sur l’intercommunalité, avec justement le charisme d’un président d’interco. J’ai finalement été sorti de ma somnolence avec l’arrivée de Borne, annoncée à l’entrée du parc des expositions. Les journalistes se sont alors mis à courir dans tous les sens. Tous les regards se sont tournés vers le fond de la salle et les flashs ont commencé à crépiter. Héroïquement, le pauvre Rebsamen a continué de débiter sa logorrhée soporifique alors que plus personne ne l’écoutait. Le même scénario s’est répété peu après avec les arrivées d’Attal, puis de Philippe.

Le spectacle pouvait enfin commencer. Autant dire que ça a été navrant : une succession de prises de parole individuelles d’une infernale platitude, sans le moindre échange entre les intervenants ni avec le public.

Avant nos vedettes de Matignon, Éric Lombard, ancien ministre de l’Économie (il a quitté Bercy l’année dernière, mais on l’a déjà oublié) a pris la parole. Sans surprise, il a évoqué la jeunesse et la colère des lycéens. Mais il a osé une figure acrobatique pour récupérer le mouvement, avec la subtilité d’un éléphant dans un jeu de quilles : « Il faut entendre l’angoisse de la jeunesse, en réalité, c’est une anxiété pour l’avenir et la dette qui vient. » MDR.

On l’a dit, la matinée était ennuyeuse à mourir. Mais le pic a été atteint avec l’intervention de Borne, qui a mollement lu son texte, enchaînant les phrases ultra-creuses du type « La jeunesse est une force ». Elle a aussi osé déclarer : « Le compromis n’est pas une faiblesse, mais une exigence démocratique. » Entendre parler de démocratie dans la bouche de Madame 49.3, c’est cocasse.

Ont suivi Attal, puis Philippe, qui se sont montrés un peu plus dynamiques : on sent que les deux sont en campagne. Avec aussi un autre point commun : faire comme s’ils n’avaient jamais été au pouvoir ces dix dernières années. La faiblesse et l’insipidité de leurs discours étaient encore plus flagrantes en les écoutant en vrai qu’à la télé. Ça me fait penser que Mélenchon vraiment a un boulevard devant lui pour se qualifier au second tour.

Je suis finalement parti avant la fin du discours d’Édouard Philippe, après deux longues heures, pour éviter de développer un syndrome de stress post-traumatique.



À propos de l'auteur(e) :

Léandre

Néo-dolois radicalisé. Je dessine des personnages avec des gros yeux.

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