Santé

Les fayots de la république parlementaire

Publié le 02/02/2020 à 11:25 | Écrit par Christophe Martin | Temps de lecture : 02m37s

Le député Sermier a le 30 janvier dernier publié sur son mur FB une de ses interventions à l’Assemblée Nationale particulièrement déserte ce jour-là. N’allez pas me faire dire qu’il y avait un rapport de cause à effet. Le député jurassien interrogeait le gouvernement sur l'avenir de la chirurgie conventionnelle et programmée à l'Hôpital Louis Pasteur de Dole. En l’absence d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, c’est Jean-Baptiste (non, non, je ne plaisante pas!) Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre chargé de l’Europe et des Affaires étrangères qui répond. C’est vous dire le degré de compétence de l’expert. Heureusement, la ministre lui avait préparé une petite fiche mais pas la recette de la prononciation de Dôôôôle. Mais je m’égare et on s’en fout un peu! Y a plus grave! Interrogé sur la chirurgie conventionnelle, Lemoyne répond sur la chirurgie ambulatoire. Pour la faire rapide, on arrive dans la première avec son pyjama alors qu’on n’a pas le temps de s’attarder dans la seconde. Mais si ça se passe mal dans la seconde, il faut rapidement pouvoir orienter le patient vers la première. Autrement dit, si ça se complique un peu, l’hôpital peut le garder plus longtemps que prévu en changeant d’étage grâce à l’ascenseur et pas en le transférant dans un autre établissement par hélicoptère (Besac en l’occurence). La question du député Sermier est donc pertinente: certes il ne se présente pas directement à la mairie en mars mais il montre un bel attachement à tous les malades qui lui ont permis d’avoir un siège au Palais Bourbon. Le problème, c’est que le secrétaire d’État répond à côté. Passées les fadaises sur le contrat de performance, le voilà qui part sur la chirurgie ambulatoire et qui se félicite de la coopération avec le CHRU de Besançon. Je vous passe les détails mais je vous incite à aller voir sur le mur de votre député. Agnès Buzyn qui avait donc reçu la question du député Sermier par écrit lui répond délibérément à côté. On pourrait s’arrêter là, tellement le gouvernement de « la tarte à LaRem » nous a habitués à ce genre de réponses technico-foireuses. Mais le député a souhaité réagir et là, l’opéré potentiel que je suis crie: « Vas-y, Jean-Marie, montre-lui que tu n’es pas dupe et que tu as compris qu’on se foutait de toi! » Mais, non, le député Sermier répond qu’il comprend à travers les propos de Madame la ministre qu’effectivement il n’est pas question de fermer la chirurgie conventionnelle mais de continuer à travailler avec Besançon dans une organisation de la médecine, de l’offre de soins qui soient bénéfiques à l’ensemble de ce territoire. On pourrait s’arrêter là… mais non! La vidéo a recueilli 110 pouces bleus (nous sommes le dimanche 2 février, il est 5h13, je dors peu), généré 12 commentaires et 106 partages. Je ne dénonce personne mais la liste est consultable. Faut-il être nigaud et fayot pour s’arrêter à ce point sur la forme! Mon député pose une question, je suis content, je like sans même écouter ce qui s’est vraiment dit. Tartuffe ne se maintient au pouvoir que parce que son hôte est bouché. Et comme l’écrit mon ami Toutoune: « Je pense que M. Sermier a besoin d'un ORL. » Il n’est pas le seul à Dole. 




À propos de l'auteur(e) :

Christophe Martin

Passionné de sciences humaines mais d'origine bretonne, je mets mes études en anthropologie et mon humour situationniste au service de mon action politique et sociale.


Formateur dans l'industrie et pigiste au Progrès

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