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Mode sombre

 

Lors de la crise de la covid, les gouvernements Philippe et Castex auront réussi une chose. C'est tellement rare, permettez que je m'y arrête.

Je sors d'une période de vacances et comme le journal que lit ma belle-mère en Bretagne le serine tous les jours depuis le début de l'été, c'est une période de brassage et qui dit brassage, dit propagation du virus. En fait de propagande, Ouest-France est à la pointe. A côté, le Progrès de Lyon passerait pour un journal d'investigation. En dehors de l'édito qui, une fois sur deux, est d'un européisme forcené et l'autre fois, du plus béni oui oui des libéralismes, la une fait quotidiennement l'apologie en images et en titres du port du masque. Dans l'ouest, le gouvernement tient avec ce poids- lourd de la PQR un allié de choc, une feuille de chou aux ordres : le citoyen responsable y porte un masque sans se poser de questions quand bien même la covid n'a guère touché la Bretagne. Ah oui mais voilà le brassage estival... même si les Parisiens fortunés n'avaient pas attendu les vacances pour venir cracher sur nos côtes leurs poumons encrassés aux fumées du périphérique.

Certains d'entre vous ont sans doute déjà arrêté de lire en pestant contre ce con de Martin, aussi irresponsable que les furieux prosopophobes (les anti-masques en grec ancien) des réseaux sociaux.

En fait, je m'en fous du masque. J'ai mon opinion et je la garde. Je n'ai rien écrit dessus dans Libres Commères et j'ai évité de m'engueuler à ce sujet en famille. Je ne pointe pas les incohérences des affolés, je garde mes distances avec ceux qui craignent la deuxième vague et je fais la bise à celles qui me tendent la joue. J'en mets vaguement un (de masque) sur le marché où c'est redevenu obligatoire à coups de 135 balles d'amende sur dénonciation (courage à ma marchande de légumes qui sauve plus de vie que la police municipale de Dinard) mais je boycotte autant que possible tous les endroits où on joue au bloc opératoire pour être dans les clous préfectoraux.

Car l'essentiel est ailleurs. Grâce à la peur qui favorise l'irrationnel et à la zizanie générale qui s'en suit, Castex et ses sbires sont en passe de réussir l'incroyable : faire oublier toutes les bourdes monumentales, les erreurs criminelles du gouvernement Philippe qui s'en est allé couler des jours heureux au Havre en espérant bien n'être jamais inquiété par la justice qu'on a d'ailleurs remis aux mains non seulement d'un avocat bien trop mûr mais également d'une directrice de cabinet cuite à point, épouse d'un bleu très haut placé dans la répression. Pendant qu'on s'étripe pour des histoires de masques sur le web, la macronie est en train de se refaire une immunité collective. Le pays sera à genoux en septembre. Il faudrait quand même penser à ne pas mettre nous-même la tête sur le billot à la rentrée.


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À propos de l'auteur(e) :

Christophe Martin

Passionné de sciences humaines mais d'origine bretonne, je mets mes études en anthropologie et mon humour situationniste au service de mon action politique et sociale.


Formateur dans l'industrie et pigiste au Progrès

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