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Mode sombre

Si ma culture hip-hop me précède, je suis inconditionnelle en matière de talent ; subjective, je ne carbure qu’à l’affect et ma conviction est intacte, voici pour les mérites du meilleur des groupes de rock. Made in Auxonne.

Ce soir, mes voisins et moi avons eu le privilège d’écouter le prochain album de Kouett, Anarcho-romantique en avant-première. Ni pirates, ni fuites, les voisins sont innocents, j’ai juste poussé le volume jusque dans leurs chambres. Je recueillerai leur avis demain matin.

L’album devait sortir en avril pour les œufs, mais les œufs ont cassé et se sont répandus en morve jaune translucide, dans le creux de chacun de nos coudes. Écrou oblige, Kouett est à la bourre, mais bonne nouvelle, il est en route. Mieux, il arrive. Reprogrammé mi-septembre, on compte un mois de plus, proportionnellement au quart d’heure de politesse : Avis aux loulouttes de la planète, prêtes à tourner sept fois leur langue dans sa bouche, Anarcho-romantique ce sera pour octobre et c’est votre album, celui des sinistré-es du contact, célibataires ou même en couple, des keupons impatients de retrouver le goût – dégueulasse, soyons honnêtes – de la bière antiémeute servie en soirée. Anarcho-romantique, c’est la bolée d’oxygène salvatrice de tous ceux qui comme moi, suffoquent.

Douze titres, dans lesquels on retrouve le thème cher à notre – encore plus cher – Kouett : l’apologie de l’accouplement, récurrente dans ses compositions à vif, en fait toute l’intégrité du personnage au crâne rasé à moitié, la crête couleur extra-terrestre.

La rhétorique subtile, juste ce qu’il faut de nostalgie pour allumer le regard et ressusciter nos jeunesses,  Kouett révise son titre phare de l’album Partir d’il y a 15 piges, en troisième piste : 15 ans après Louis Vuitton donc, la réponse c’est la rétrospective de sa carrière d’auteur-compositeur engagé. Au sommet de son art, le critique au ton juste, ferme et obstiné, confirme son talent en position immuable de chanteur libre.

Anarcho-romantique s’écoute en boucle et ne lasse jamais : de l’équilibre savant des compositions originales, magnétiques, les mélodies rendent grâce aux performances de l’orchestre. Dont le morceau exclusif du featuring Reuno des Lofofora, ma tête de mort. L’on retrouve aussi des trésors d’archives déterrées, comme un poème, où la balade entraînante au rythme ska est remixée métal. Ambiance festival de rue assurée.

Enfin, si le clip de Tatoo tourne déjà sur You Tube, celui d’Anarcho-romantique est en cours de tournage. À suivre. Faites péter les vues.

Malika Guellil.


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La Rédac'

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