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Mode sombre

Après le quinquennat Hollande, la débâcle du PS à la présidentielle, la montée des écologistes aux Européennes puis les coalitions « verte-rose-rouge » aux Municipales, la gauche remonte progressivement la pente, même si elle reste incroyablement fragmentée. 

Cette division de la gauche a débuté après l’élection présidentielle de 2017, qui avait montré une division du Parti socialiste en trois parties : ceux qui sont partis avec Mélenchon, ceux qui sont restés fidèles jusqu’au bout à Benoît Hamon et ceux qui se sont tournés vers Macron. Tout le monde connait la suite… Le premier à partir était justement le candidat malheureux, Benoît Hamon, il créait le « Mouvement du 1er juillet » qui aboutissait à Génération·s quelques mois plus tard. L’aile gauche du PS commençait à s’éloigner de leur parti, encore dans le flou. Après le Congrès d’Aubervilliers, ce sera Marie-Noëlle Lienemann et Emmanuel Maurel, candidat perdant au poste de Premier-secrétaire, qui partiront. A ce moment, l’aile droite est partie chez Macron, et l’aile gauche prend son indépendance, le PS doit quitter Solfé’, c’est vraiment la dèche. 

Chez les radicaux, tout n’est pas rose non plus. La fusion du Parti radical de gauche avec le Parti radical « valoisien » (qui était lié à l’UDI) dans un parti membre de la majorité présidentielle, créé un mouvement de désolidarisation vis-à-vis du tout nouveau Mouvement radical : plusieurs membres du PRG créent Les Radicaux de gauche (abrégé en LRDG). Mais après plusieurs déconvenues politiques, l’aile gauche du mouvement centriste relance le PRG. Sauf que l’espace politique est occupé par LRDG… Pour résumer, il y a deux partis radicaux de gauche. 

A cela faut-il ajouter la division des chevènementistes, encore une histoire à s’arracher les cheveux. Jusqu’à la fin 2018, cette mouvance souverainiste, protectionniste et gaulliste de gauche, était rassemblée derrière le Mouvement républicain et citoyen (le MRC) depuis 2003. Lors d’un congrès, il est décidé de fusionner avec la Gauche républicaine et socialiste du duo Maurel/Lienemann et de se rapprocher de la France insoumise. Cette décision provoque une scission interne. Les insurgés fondent le Mouvement des citoyens, et exhument l’ancien nom de leur ancien parti. Et parallèlement aux divisions internes aux partis se créent d’autres mouvements : Place publique pour n’en citer qu’un. 

La présidentielle de 2017 a beaucoup de ressemblances avec celle de 1969 qui a vu l’élimination de la gauche dès le premier tour. Jacques Duclos, candidat du PCF, avait trusté la troisième place, derrière Pompidou et Poher. La SFIO avait envoyé l’anticommuniste Gaston Defferre qui s’était planté royalement : 5,01%. Ça s’est joué de peu pour les comptes de campagne ! A l’époque, les leçons avaient été tirées : la SFIO avait fusionné avec plusieurs mouvements et clubs de gauche pour former le Parti socialiste. 

Seulement cinq ans après l’échec cuisant de la SFIO, les socialistes avaient signé un programme commun avec les radicaux et les communistes, et avaient presque conquis la présidence face à Giscard. Et pour en revenir à aujourd’hui, on constate que la gauche fait complètement l’inverse de ce qu’elle devrait faire.

Autrement dit, l’union sacrée pour 2022 n’est pas prête de voir le jour. Entre les guerres d’égos, les querelles de partis et la déconnexion entre la gauche des villes et celle des campagnes, il faudrait vraiment une personne providentielle pour réussir à « changer la vie ». 

Alexandre Job.


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La Rédac'

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