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Mode sombre

Hold Up, c’est une thèse et tous les éléments cités à comparaitre sont à charge contre l’establishment ou l’oligarchie, c’est à dire cette minorité de dirigeants mal élus ou pas du tout, milliardaires et technocrates. Si vous avez quelques soupçons sur la collusion entre les milieux économiques et politiques, les milieux sanitaires et financiers, big data et big pharma, bref la corruption généralisée, ce documentaire de presque trois heures achèvera de les confirmer. Si vous êtes complotistes, vous serez aux anges. Si vous êtes alarmistes, vous irez cramer la Bourse ou vous mettre une balle. Si vous êtes encore persuadés que le gouvernement veut votre bien, vous ne lirez même pas cet article jusqu’à la fin. 

Pour ma part, j’ai donc vu Hold Up en entier contrairement à la retransmission du conseil municipal. Il faut dire que des professionnels se sont chargés de la réalisation avec des choix qui peuvent toutefois ne pas être partagés par tout le monde. Ce n’est d’ailleurs pas le but d’un documentaire polémique destiné à dénoncer la gestion pour le moins maladroite de cette pandémie de Covid-19 par le gouvernement. Mais les auteurs vont plus loin et entendent alerter le public sur un problème beaucoup plus crucial et profond que l’incurie de la macronie qui serait en fait une stratégie opportuniste, basée sur la peur, la désorientation orchestrée et la dérive autoritaire graduelle. Le tout avec en arrière-plan le contrôle technocratique de nos existences et la vaccination obligatoire.

Pierre Barnérias n’est pas un inconnu ni un novice. Christophe Cossé non plus. L’un comme l’autre connaissent bien le documentaire aussi bien côté réalisation que versant production. Pierre Barnérias est un habitué des sujets sensibles et controversés. On en sait un peu moins sur son co-équipier mais on peut l’écouter si on a 20 minutes devant soi.

Les deux apparitions pas vraiment indispensables de Sylvano Trotta ainsi que le soutien de l’association Bon Sens ne sont pas des atouts pour la crédibilité du documentaire. Et l’une de nos collaboratrices n’a pas manqué 

de le relever. Je vous renvoie donc à un article de Check News très documenté où les auteurs débusquent quelques failles du documentaire.

Je l’ai déjà dit, c’est une thèse à charge et à chaud. Pour les auteurs, il y a urgence à dénoncer un complot qui se trame contre notre souveraineté personnelle, nos libertés si vous préférez. Cela explique peut-être des faiblesses d’argumentation, deux ou trois témoins en trop, la bande-son anxiogène qui rajoute à l’angoisse que cherche à générer le propos, un titre un peu racoleur et déjà pris, des animations viralo-comiques superflues à mon goût. 

On pourrait également reprocher à Pierre Barnérias et Christophe Cossé de ne pas avoir donné la parole à la partie adverse, des membres du gouvernement et ceux du club Bilderberg. Mais les premiers ont la main mise sur l’administration publique et sont dans tous les médias mainstream, les seconds les possèdent et ne se seraient probablement pas prêtés au jeu d’un projet qu’ils ne financeraient pas intégralement eux-mêmes.

L’entreprise (économique) n’est pas un haut-lieu de la démocratie : les actionnaires et les patrons ne sont pas élus. On peut donc légitimement s’inquiéter de la croissance exponentielle du pouvoir de certaines compagnies multinationales et de la destruction des petites sociétés. Faut-il y voir une stratégie à la Schumpeter ? La volonté de quelques nababs transhumanistes de faire de la place sur la planète ? Un désir d’asservir encore plus une multitude humaine devenue inutile grâce à la machine ? A chacun de décider mais c’est le moment ou jamais de se poser les questions.

On ne verra pas ce documentaire à la télévision française ni sur les écrans de cinéma. Seul le VOD permettra de le visionner. Pour 4,99 €, c’est à dire moins cher qu’une place de cinéma. C'est pas de la pub, c'est de l'info.

« La peur est notre émotion la plus profonde et la plus forte, et celle qui se prête d’elle-même à la création d’illusions défiant la nature, » écrit Howard Lovecraft en 1937. A l’inverse, je pense que les créations nées des illusions, des visions et des rêves des plus puissants de ce monde inique et capitaliste doivent faire peur. Seule la connaissance et la confrontation des idées permet de dépasser la sidération et de ramener un peu de raison critique dans toute cette folie disruptive.


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À propos de l'auteur(e) :

Christophe Martin

Passionné de sciences humaines mais d'origine bretonne, je mets mes études en anthropologie et mon humour situationniste au service de mon action politique et sociale.


Formateur dans l'industrie et pigiste au Progrès

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