Écologie

Vers un avenir nucléaire ?

Publié le 04/12/2021 à 11:40 | Écrit par La Rédac' | Temps de lecture : 01m39s

Cet article est précédemment paru dans le journal papier de novembre.

Il n’existe plus aucun doute scientifique sur l’urgence à agir. Le récent rapport du GIEC, publié en août 2021, a rappelé s’il en était encore besoin l’importance de réduire très rapidement les émissions de gaz à effet de serre pour limiter les effets potentiellement catastrophiques du changement climatique.

Il ne s'agit pas ici d'une déclaration de Greta Thunberg. Mais d'une phrase d'introduction du rapport controversé « Futurs énergétiques 2050 » de RTE, dont l'actionnaire majoritaire est EDF. Les dogmes pro-nucléaires (maintien des centrales nucléaires dont la durée de vie a déjà été dépassée, nouvelles centrales) et monopolistiques (avec la gestion de grosses installations pour les renouvelables, « fermes photovoltaïques au sol », et de « grands parcs éoliens ») imprègnent ce rapport. En effet, il s'agit, pour ces industriels de justifier auprès de l’État les 750 à 1000 milliards d’euros d'investissements (évalués par leurs soins), ainsi que, je cite, « de faciliter et d’accélérer par tous les moyens possibles l’installation » de ces grosses installations. Plus d'argent, moins de contraintes: une manière de rentabiliser l'écriture de ce rapport...

La filière nucléaire est ravie : le rapport privilégie pour des raisons de coût une part importante de nucléaire. La même politique depuis le choc pétrolier de 1973 en somme. Mais à cette époque, les alternatives au pétrole étaient inexistantes, et les accidents nucléaires n'avaient pas encore eu lieu. Privilégier de décarboner tout de suite (ce qui est une nécessité) grâce à l'atome (ce qui relève du choix politique) et laisser aux générations futures la gestion de déchets, reste une politique court-termiste. Les anti-éoliennes seront eux déçus par ce rapport de RTE : pour se débarrasser du pétrole, il faudra tout de même multiplier par 2,5 le parc d'éoliennes terrestres même dans le cas de la construction de...14 EPR. Pour rappel, les EPR, c'est un pari sûr économiquement et pour répondre à l'urgence climatique [sourire ironique] : dans le cas de Flamanville,10 ans de retard de livraison et un coût multiplié par 7, autour de 20 milliards d'euros...

Un rapport PAR et POUR la filière électrique existante, qu'il faut donc lire comme tel.

Nicolas Gomet




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