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Santosh : un grand polar à l’indienne

Publié le 14 août 2024 à 07:54 | Écrit par
Christophe Martin
| Temps de lecture : 01m44s

Ce thriller indien devrait bientôt passer au Majestic-MJC. Et on vous le recommande. Mais soyez prévenus: ce n’est pas un film policier pour se détendre. Il dresse un état des lieux pas très réjouissant de la société de castes indienne. On décrit parfois l’Inde comme la plus grande démocratie du monde: faut arrêter les conneries! Tous les citoyens n’y sont pas égaux, loin de là et le film le montre par petites touches bien senties. « Il y a deux sortes d’intouchables dans ce pays. Ceux que personne ne veut toucher et ceux que personne n’a le droit de toucher », dit Sharma, une dure à cuire gradée qui la joue « good cop, bad cop » jusqu’à la fin. Santosh, c’est le nom de l’héroïne, une femme-flic obligée de s’émanciper après la mort de son mari. La scène d’ouverture foutra les poils à tous les agoraphobes. Les amateurs de réalisme apprécieront qu’au restaurant, on mange pour de vrai et ça embaume les épices. La campagne sent la campagne et les ordures, les aisselles fleurent la sueur aigre. En ville, c’est pareil, les rickshaws en plus. Ça sent le chaud partout. Ensuite, on oscille entre l’angoisse et le malaise. Nos amis policiers locaux pourront aller voir le film et découvrir la réalité déontologique de leurs homologues indiens: ils se sentiront presque intègres en comparaison, peut-être se sentiront-ils plus féministes qu’ils ne le pensaient. En revanche, ils découvriront quelques vices de forme à vomir dans les procédures, des injustices qui révolteront même les plus corrompus d’entre eux et aussi malheureusement une ou deux invraisemblances scénaristiques. Bref, c’est un excellent film qu’on peut quand même qualifier de réaliste qui prend aux tripes, montre l’effroyable condition féminine au pays d’Indira Gandhi, les inégalités sociales abyssales entre notables et parias, et la touffeur d’un climat à la limite du supportable. La réaliste-scénariste Sandhya Suri a la double nationalité indienne et britannique. Et c’est tant mieux parce que je ne suis pas sûr que les producteurs de Bollywood lui seront d’un grand secours pour ses prochains films. 

Au fait : au mois de juillet, nous avons publié un article sur un état de la fédération indienne qui fait exception: le Kerala.



À propos de l'auteur(e) :

Christophe Martin

Passionné de sciences humaines mais d'origine bretonne, je mets mes études en anthropologie et mon humour situationniste au service de mon action politique et sociale.

Formateur dans l'industrie et pigiste au Progrès
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