Cette blessure dans les « blessures principales » est importante car elle ne sera en lien avec aucune autre.
Dans les définitions qui sont données et dans leurs interprétations il est nécessaire d’avoir un certain recul et de ne pas chercher à s’identifier à une blessure en particulier car bien que nous en soyons porteurs elles s’expriment dans chaque individu avec plus ou moins de combinaisons entre elles.
La troisième qui va se mettre en place sera celle de « L’HUMILIATION ».
Quand nous parlons de l’humiliation elle arrive en 3e position et sera véhiculée par le parent qui s’occupera de l’éducation et du développement physique de l’enfant.
Cette blessure va se mettre en place en parallèle avec la blessure de l’abandon, entre la 1ère année et la 3e année. Cette blessure aura pour origine les réactions et les comportements de la personne qui s’investira le plus dans les apprentissages au début de l’autonomie de l’enfant. À savoir, l’apprentissage de la propreté, marcher, manger seul, commencer à s’habiller seul, le début de l’autonomie physique sous la surveillance du parent. Tout cela va s’enkyster dans l’inconscient de l’enfant en lien direct avec les réactions du parent craintif ou confiant. Cela se fera avec les mimiques observées sur le visage et les attitudes, avec le ton de la voix et les mots prononcés. L’enfant n’a pas encore conscience des définitions des mots mais il « lit » le Kinesthésique de l’adulte. Bien que l’enfant n’ait pas encore la pleine capacité de s’exprimer à la manière des adultes, il a le pouvoir de sentir et de ressentir dans la subtilité de ses sens innés qui vont s’atrophier par la suite et qui peuvent rester très présents chez certains. Pour un adulte, sa manière d’agir et de réagir avec l’enfant peut lui sembler anodin ou approprié mais il n’en est pas de même pour l’enfant en développement et en acquisition puisqu’il n’a pas de notions de savoir être, savoir vivre et du danger auquel il peut s’exposer. Pour lui les réactions de l’adulte éducateur seront son modèle puisque dans un premier temps il apprend par le copié-collé. Son émotionnel est en train de s’implémenter et comme pour les blessures déjà développées, la blessure de « l’humiliation » viendra s’ajouter aux fondations des filtres émotionnels.
Je reviens toujours à la notion que pour les âges que je mentionne ce ne sont pas des bornes strictes, elles peuvent commencer un peu avant et se prolonger un peu après lors de la mise en place.
Pour être concret par rapport à cette blessure et sans être dans l’accusatoire je vais citer quelques exemples explicites : La moquerie involontaire qui vient souligner que l’enfant ne mange pas proprement seul. L’attitude et les paroles désobligeantes lors de l’apprentissage de la propreté.
La comparaison avec un autre enfant. Des peurs lors du coucher qui sont négligées et moquées. Les discussions entre parents à son sujet en pensant qu’il ne comprend pas ; il ″capte″. … . Il arrive aussi que le parent qui éduque à peur des « dangers » de la vie et des actions que l’enfant commence à faire dans sa découverte du monde et ne l’autorise pas à prendre les ″risques″ indispensables au développement et à la confiance en soi. Pour le parent éducateur tout est dans l’appréciation du danger et de la prise de risque que l’on accepte pour l’enfant sans bien évidement lui faire prendre des risques inconsidérés.
Comme pour toutes les autres blessures nous porterons un masque quand cette blessure sera active. Pour cette blessure ce sera le masque du ″MASOCHISTE″.
Sous certains aspects cette « blessure » aura des similitudes avec la blessure de la MALTRAITANCE tout en étant différente.
Comme chacun sait dans la position et la définition du masochiste ce sera un individu qui subit et que l’on considère comme une victime.
Comme pour les autres blessures déjà décrites nous allons passer en revue le fonctionnement des 3 possibilités qui seront évoquées tout au long des articles à savoir : « rejouer » la blessure, «la refouler qui va s’exprimer par le déni » de cette blessure ou alors la « sublimer ».
Lorsque nous sommes adultes, en prise avec cette blessure et que nous la ″rejouons″, alors nous portons en nous un perpétuel sentiment d’infériorité tout en nous sentant une victime. Les remontrances, remarques, réflexions justes ou injustes à notre encontre seront perçues et interprétées comme humiliantes sans pouvoir réagir en étant paralysé comme quand nous l’étions, enfants. Nous pourrons même nous mettre dans des situations pour être humiliés dans le but d’exister. Dans l’enfance et à l’école, voire plus tard, la position du souffre-douleur devient acceptable puisque l’enfant a intégré l’humiliation comme un modèle de vie.
A l’inverse si nous sommes dans le ″refoulement ″ (le déni) de cette blessure alors pour compenser et cacher le vide énorme qui s’est installer en nous, nous allons développer un complexe de supériorité. À ce petit jeu l’on peut découvrir que deux personnes ayant la même blessure d’humiliation, il se peut que celle qui rejoue sa blessure devienne la victime de celle qui est dans le déni de sa blessure.
Lorsque nous découvrons que nous sommes porteurs de cette blessure d’humiliation et qu’elle nous a interpellés dans nos réactions, la découvrir et la comprendre nous fera aller sur le chemin du « sauveur » pour venir en aide aux personnes humiliées. En prenant faits et causes pour des personnes maltraitées et humiliées nous pourrons devenir des guerriers pour des causes où l’humiliation et l’injustice nous touchent.
À suivre.
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À propos de l'auteur(e) :
Bernard Mourey
Gaucher contrarié, ingénieur et autodidacte, globetrotteur chercheur, passionné par les sciences humaines et les comportements mais pas seulement. Observateur des individus et des faits de société ; accompagnant ceux qui le désirent dans une autre vision du monde et de la perception d’eux-mêmes.