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Mode sombre

Raconter la suite des péripéties autour de Loïc Dombreval et son projet de loi sur la condition animale (voir en lien : Les animaux domestiques sont « en marche ») me démangeait terriblement ces derniers jours.

Tout a commencé par un post Facebook de Loïc Dombreval le 6 août dernier en fin d’après-midi, où il publie un communiqué surprise. D’après l’élu, de nombreux pratiquants (et pratiquantes) du mordant sportif lui ont fait part de leurs craintes quant au projet de loi sur la condition animale. Il faut dire que les passionné(e)s seront sacrifié(e)s si la proposition est votée, au profit des forces armées qui sélectionnent leurs compagnons à quatre pattes selon leurs origines pour pratiquer le mordant sportif.

Dans ce communiqué, le député explique qu’en « parfaite connaissance de cette pratique », il a décidé de supprimer le mordant sportif, mais au final, il n’avance aucun argument jouant en sa faveur. Loïc Dombreval reconnaît que « la majorité des membres des clubs [canins associatifs] ne veulent pas transformer leur chien en arme » mais continue visiblement à penser que l’activité est dangereuse, et que rien ne prouve que les clubs peuvent « garantir les motivations de leurs membres » alors que ce sport est réservé à un nombre limité et bien défini de races, et uniquement à des chiens inscrits à un livre des origines…

Puis en quelques mots supplémentaires, l’élu arrive à se ridiculiser lui-même ! Il cite Curtis, chien apparenté à l’American Stafforshire Terrier (considéré en France comme croisé car importé) et sa propriétaire, Elisa Pilarski, passionnée de cette race. Pour rappel, cette dernière avait été mordue à mort pendant qu’elle se promenait avec Curtis. Mais l’affaire n’a pas été jugée et pour l’instant, et le doute plane encore : est-ce le terrier de type bull ou les chiens de la chasse à courre qui ont tué Elisa Pilarski ? 

Et c’est là où le bât blesse. Le député donne son avis sur une affaire non élucidée et ne respecte au passage pas la présomption d’innocence, pas très classe pour un élu de la République. On peut ajouter encore des éléments à charge puisque monsieur Dombreval donne de fausses informations sur l’affaire. Notamment sur les propriétaires de Curtis qui était soi-disant entraîné au mordant en Belgique (les chiens catégorisés ne peuvent en effet faire du mordant sportif). Curtis et ses maitres pratiquaient le « fun show » qui consiste à faire sauter les chiens en hauteur et en longueur pour les défouler, puis les récompenser ensuite pour leur effort, ce qui peut être fait pour n’importe quel jeu. Mais cette activité n’est pratiquée ni dans le cadre du mordant sportif ni dans les clubs canins affiliés à la fédération nationale, la Société Centrale Canine.

Après plusieurs centaines de commentaires hostiles, le député marcheur a modifié sa publication en supprimant le passage sur Curtis. En voulant défendre son projet de loi à tout prix, Loïc Dombreval a réduit son champ de vision et s’est renfermé dans des positions absurdes, dénuées de sens : il a préféré chercher des exemples validant sa thèse plutôt que de prendre le recul nécessaire pour avoir une vue d’ensemble.

Enfin quelques jours plus tard, voici que tombe un nouveau communiqué de mon député LREM préféré ! La veille, une fillette d’un an et demi est morte des suites de morsures du chien de la famille. Alors que nous ignorons tout du drame, de la victime et du chien en question (plusieurs races ayant d’ailleurs été évoquées...), Loïc Dombreval publie un texte d’un cynisme inouï. Cynique, en effet, car après avoir adressé un message de condoléances (jusqu’ici tout est normal), le député glisse alors dans son communiqué que l’accident dramatique « confirme une nouvelle fois la nécessité de revoir la loi de 1999 sur les chiens dangereux ». Voilà de quoi dépiter plus d’un propriétaire : l’élu profite du drame pour mettre une nouvelle fois en avant son projet de loi, en dépit du bon sens et des remontées de terrain des passionné(e)s.

Alexandre JOB


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