Humeur

Le virus de la discorde

Publié le 24/12/2020 à 08:04 | Écrit par Christophe Martin | Temps de lecture : 02m31s

Les sujets de controverse n’ont pas manqué, ces temps-ci. Ça envoie du bois et ça vole de partout sur les réseaux, et pas toujours très haut, il faut bien le reconnaitre. Le port du masque, Hold Up, le couvre-feu, la candidature de Mélenchon, les chiffres du Covid, le droit de manifester à Dole, le vaccin qui se profile, l’hydroxychloroquine, la chute de Trump, la loi de sécurité globale, est-ce qu’on invite la tante Solange à Noël parce qu’on est déjà plutôt nombreux autour de la bûche et qu’elle est quand même pas toute jeune sans être à risque pour autant mais comme on…

  • - Mais arrête de nous emmerder avec ça tu veux? On a dit qu’on l’invitait pas parce qu’elle va soutenir Taubira en 2022 et qu’elle est sacrément flippée question contagion.
  • - On n’a qu’à lui acheter une boite de FF2P comme cadeau.
  • - FFP2, connard!
  • - Quoi, connard?
  • - C’est FFP2, pas FF2P.
  • - C’est quand même 50 boules la boite.
  • - Oui mais si elle le met à l’apéro, son masque, on l’entendra plus.
  • - Elle a quand même le droit de s’exprimer, non?
  • - Pas si elle joue les trolls d’extrême-droite qui cassent du gauchiste à tout va pour des histoires d’union nationale et de soignants au bout du rouleau.
  • - C’est quand même tendu dans les hôpitaux!!!
  • - Bien sûr que c’est tendu dans les hôpitaux mais pendant les fêtes, c’est toujours tendu dans les hôpitaux… et la faute à qui, hein, la faute à qui???
  • - On va quand même pas discuter non plus des urgences toute la soirée en buvant du crémant.
  • - Ben, là, je compte bien sur Patrice pour nous faire chier avec son affaire de quincaillerie qui prend le bouillon.
  • - Mon frangin a quand même le droit de se plaindre…
  • - Pas si c’est pour emmerder le monde. C’est Noël et on est chez nous, je te rappelle. Et pas sur FaceBook à coller des GIF pour énerver la commère.

Bref, y a du niveau et le climat dolois est plutôt torride car comme dirait Gramsci, « la crise est le moment où l'ancien ordre du monde s'estompe et où le nouveau doit s'imposer en dépit de toutes les résistances et de toutes les contradictions. Cette phase de transition est justement marquée par de nombreuses erreurs et de nombreux tourments. » Ah, ça donne à réfléchir, un peu de philosophie marxiste, hein, ça nous change des réflexions à deux balles du Dalaï Lama et de Pierre Rabbhi, et tiens, tant qu’on y est, prenez donc ça au passage. « Quand on est convaincu que quelqu'un se trompe, que cette personne refuse de discuter, d'apporter des preuves en alléguant que tout à chacun à le droit de penser comme il veut - on ne peut pas être tolérant. Liberté de pensée ne signifie pas liberté d'errer et de divaguer. » C’est toujours du Gramsci et puisque vous êtes encore un peu sonné, une dernière salve pour vous achever les méninges. « Je hais les indifférents. Pour moi, vivre veut dire prendre parti. Qui vit vraiment ne peut ne pas être citoyen et parti prenant. L'indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n'est pas vie. C'est pourquoi je hais les indifférents. »

La bienveillance, mon cul ! Joyeux Noël ! Et vive le sport !

 




À propos de l'auteur(e) :

Christophe Martin

Passionné de sciences humaines mais d'origine bretonne, je mets mes études en anthropologie et mon humour situationniste au service de mon action politique et sociale.


Formateur dans l'industrie et pigiste au Progrès

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