Politique

Notre députée: premier bilan

Publié le 10/08/2022 à 07:37 | Écrit par Christophe Martin | Temps de lecture : 04m29s

Justine Gruet est en vacances. Enfin, on n’est jamais en vacances quand comme nous deux, on est au service de l’intérêt général. C’est l’occasion pour Libres Commères de dresser un petit bilan sur ce premier tronçon de mandat et il semble bien que notre jeune déléguée n’a pas chômé. Je lui ai promis de personnellement m’occuper de son cas. Aussi me suis-je abonné à nosdeputes.fr et je reçois régulièrement de ses nouvelles parlementaires. Ecoutez plutôt: entre deux coups sur le buzzer, Justine Gruet a déposé pas moins de 44 amendements, presqu’à chaque fois irrecevables, rejetés, retirés ou non soutenus. Ça doit être un peu rageant tout de même. Heureusement, il y a les questions écrites: notre heureuse élue en a déjà posées… pas une, pas deux, pas trois mais quatre, aujourd’hui encore sans réponse. Mais qu’est-ce qu’ils foutent dans les ministères, bordel!? Surtout sur des sujets de premier plan: le tir au grand cormoran le 8 août, l’augmentation du prix de la pâte à papier le 19 juillet, la revalorisation du point d’indice des agents des chambres consulaires face à la poussée inflationniste le 2 août et encore le 2 août, une question que Libres Commères reproduit en intégralité étant donné la gravité et l’urgence du propos: « Mme Justine Gruet interroge Mme la ministre de la transition énergétique sur le raccordement des bornes de recharge électrique au réseau d'électricité. Avec le développement des voitures électriques, la France comptait, au 31 mai 2022, 62 136 points de recharge électrique ouverts au public. Aujourd'hui, 219 aires d'autoroute en sont équipées, dont 70 % avec des bornes à haute puissance. L'objectif étant que toutes les aires d'autoroute du réseau français soient couvertes en 2023. Le raccordement des bornes au réseau électrique est effectué par Enedis. Chaque borne de recharge électrique rapide a une puissance de 150 à 350 kW. Sur les aires d'autoroute, il en est installé une dizaine, parfois une vingtaine, pour anticiper les besoins à venir lors des journées de pointe (grands départs). Or une telle consommation pourrait déstabiliser le réseau d'électricité local, ce qui suscite l'inquiétude des maires des communes situées autour des aires d'autoroute. Il est parfois difficile pour eux d'avoir des informations fiables devant la multiplicité des interlocuteurs et l'absence de schémas nationaux. Elle lui demande si une stratégie nationale existe sur la question du raccordement des bornes au réseau électrique, sur les déséquilibres qu'elles peuvent engendrer et, plus largement, sur la soutenabilité du surcroît de consommation à l'échelle d'un territoire. » On sera rentré de vacances qu’on ne sera toujours pas fixé. C’est à désespérer des services d’Agnès Pannier-Runacher qui a pourtant travaillé sur la mesure de la performance dans les administrations de l’État avant d’aller se remplir les poches dans le privé. On ne pèse pas lourd dans le Jura mais on a droit à des réponses, merde! Et puis cerise sur le gâteau, Justine Gruet co-signe la « Proposition de résolution N° 148 en application de Article 34-1 de la Constitution visant à diminuer le délai de délivrance des titres sécurisés et à prolonger provisoirement leur durée de validité ». Et là, je dis, bravo! Il fallait oser. Et je ne vous parle pas des interventions dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale de ce jeune espoir de la contradiction républicaine. Il n’en menait pas large, le Bruno Le Maire, quand, le 19 juillet, devant tout le monde, Justine Gruet lui a dit son fait: «Plutôt que de vouloir des recettes supplémentaires, essayez plutôt de baisser les dépenses publiques, s'il vous plaît ! » Eh, oui, Tintin! Tu arrêtes avec la pompe à fric et tu nous rends le flouze qu’on puisse se tirer en vacances dans le SUV chargé à ras bord. Notre députée n’a pas flanché: elle n’a pas manqué une ligne de son papier et s’est exprimé avec une articulation remarquable. Ne boudons pas notre plaisir. Autre performance, le 3 août sur Sud Radio où Justine Gruet a participé au tour de France des jeunes députés: rassurez-vous, ça se fait par téléphone. En tant que candidate, elle a déjà assez donné au niveau du marathon à la campagne. Bon là, au cours de l’interview, il faut le reconnaitre, y a eu du mou. C’est la faute de cet enfoiré de journaliste barbu à lunettes cerclées qui  se donne des aires et pose des questions badigeonnées à l’huile de ricin. L’antisémitisme de la Nupes, s’il est avéré, est un délit et il ne s’agit pas simplement de le dénoncer: quand on est ministre de la Justice ou même député, on porte plainte. Bon, ben d’accord mais au Palais Bourbon, on est quand même dans la com’ et faut peut-être pas faire tout un pataquès quand on traite les Insoumis d’antisémites. Il nous emmerde, les gauchistes à la fin! Heureusement, Bruno Le Maire est arrivé à la rescousse et Justine Gruet lui a mis le doigt dans l’oeil, ou plus exactement lui a fait mettre le doigt dans l’oeil. Y a décidément un truc qui ne passe pas entre elle et lui. Et pourtant elle vote le Projet de loi de finances rectificative sans trop sourciller. On pinaille sur quelques trucs mais finalement ça passe. Ça passe parce qu’on les a écoutés les LR. Ils n’ont jamais été aussi peu mais on les écoute! Sans eux, rien ne peut être voté! Sinon, faut demander à Marine Le Pen et ses choristes. Alors on co-construit avec le gouvernement. On ne fait pas qu’appuyer sur le buzzer ou qu'à se planquer dans sa circo, à l’ombre des vignes. Et la filleule de Jean-Marie Sermier termine en disant du bien du cumul des mandats: « A mon avis, ce n’était pas un problème en soi qu’un député puisse être maire d’une commune ou même adjoint au maire d’une commune de 25000 habitants. » Voilà qui amène un peu de fraicheur dans les débats. On se retrouve à la rentrée.




À propos de l'auteur(e) :

Christophe Martin

Passionné de sciences humaines mais d'origine bretonne, je mets mes études en anthropologie et mon humour situationniste au service de mon action politique et sociale.


Formateur dans l'industrie et pigiste au Progrès

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