Écologie

« Élus pour agir » : l’ADEME ambitieuse pour les élus locaux

Publié le 13/03/2024 à 17:55 | Écrit par Nicolas Gomet | Temps de lecture : 02m38s

L’ADEME, Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, a lancé le 12 mars par un webinaire le réseau « Elus pour agir, le réseau des élus référents de la transition écologique et énergétique ». Un cycle d’événements et de formations, un espace personnel sur le site de l’ADEME, bientôt une plateforme collaborative, sont mis à disposition d’élus municipaux volontaires constitués en réseau, pour faire avancer la transition écologique. 2000 élus en France, 120 dans la grande région ce qui justifiait l’organisation d’une journée « en présentiel » qui a eu lieu à Dole, dans la salle du conseil municipal. Aux côtés de personnes très engagées comme en témoignaient leurs actions ou leur déception à ne pas pouvoir faire plus « dans une commune de 127 habitants », il y avait aussi des élus qui se devaient vraisemblablement d’être là et préféraient nier la réalité ou dénigrer ceux qui la relayaient. Devant une vidéo de présentation de l’ADEME sur les animations proposées aux enfants, un conseiller départemental haut-jurassien n’a pas pu s’empêcher de lâcher un « C’est incroyable comme c’est orienté » après que la viande rouge a été présentée comme très impactante sur le climat. Pourtant, la science le dit : 60 kg de CO2 émis par kg de viande de bœuf produite, ce qui est conséquent, et 10 fois plus que pour la viande de poulet.

Durant le webinaire, plusieurs intervenants dont Jean Jouzel ont rappelé le contenu du rapport de RTE et celui de la cour des comptes pour lesquels il ne peut y avoir de transition sans les renouvelables et que l’investissement n’est actuellement pas à la hauteur. Les outils (cartographie des territoires pour l’accélération des EnR notamment) ont été présentés. Des élus bourguignons et francs-comtois étaient présents ensuite pour témoigner de leur retour d’expérience : rénovation et extension écologique d’un foyer rural ; construction d’un parc photovoltaïque sur un terril de manière participative plutôt qu’en confiant le projet aux nombreux démarcheurs ; labellisation (3 étoiles sur 5) « Territoire engagé » de leur commune de 5000 habitants pour ses économies d’énergie. Le Grand Dole est inscrit, mais non labellisé. Le maire d’une commune de 1000 habitants a également porté le discours sur la nécessité d’agir (« On sait ce qu’il faut faire depuis 50 ans, mais ça ne va pas assez vite, faire c’est être moins en retard ») et sur ce que la transition coûte et rapporte, ou fait économiser, à l’échelle locale. Sa conclusion : elle est pourvoyeuse d’emplois et, au pire, s’autofinance, au mieux, rapporte. Il n’y a pas eu de témoignage sur l’éolien, peut-être pour ménager le micro-climat « vent debout » contre lui, mais le rappel à plusieurs reprises de la nécessité d’un mix énergétique.

L’après-midi a débuté par la prise de parole d’une conseillère régionale qui a rappelé qu’il existe (elle aurait pu ajouter « jusque dans cette salle si elle l'avait su) « un déni, du climato-scepticisme et tous ceux qui prétendent que la science aura réponse à tout »… Argument habituel des défenseurs de l’aviation que je venais d'entendre entre deux mignardises lors des échanges informels durant la pause... par une élue en charge de  la transition écologique dans sa ville.

L’ADEME est ambitieuse de vouloir faire la transition écologique, il y a heureusement matière avec des élus engagés. Pour les autres, il faudra penser au recyclage.

(NDLR: au sujet de l'illustration: l'auteur de l'article est innocent ! )

 




À propos de l'auteur(e) :

Nicolas Gomet

Scientifique polyvalent et explorateur des institutions locales.


Élu écologiste au conseil municipal de Dole

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