Mode sombre

Les élections pour le Parlement européen sont au seuil de nos portes. Le choix doit se faire parmi 38 listes ! Qui aura le courage de lire 38 professions de foi pour choisir « la bonne liste » pour l’Europe ? Si ce n’est pas noyer le poisson pour mieux servir les requins, qu’est-ce que cela signifie ? Signature de l’incompétence totale des formations d’opposition face à la grande finance européenne ? Diviser pour mieux régner ? Perte complète des repères de société humaniste ?  

Il faudrait effectuer un choix prétendument représentatif des peuples européens pour leur bien, pour l’avenir de leurs enfants, pour les mettre à l’abri des guerres, de la misère, de l’illettrisme, du chômage, pour leur garantir la santé, la sécurité, l’équilibre des échanges commerciaux, l’équité devant le travail, etc.  

Mais au fait ? 

Europe de la paix ? 

Augmentation des budgets de la Défense dans chaque pays membre de l’OTAN. En France, la loi de programmation militaire votée le 12 juillet 2023 à une très large majorité, prévoit (réf. Vie-publique.fr) : 

- Pour les sept années couvertes par la Loi de Programmation militaire, un effort budgétaire de 413,3 milliards d'euros consacré aux armées (400 milliards de crédits et 13,3 milliards de ressources extra-budgétaires). C'est 40% de plus par rapport à la précédente LPM, qui visait à "réparer" les armées. 

- 275 000 personnels de défense et 80 000 réservistes (jusqu’à l’âge de 72 ans) en 2030. 

Combien pour la santé, le social, l’enseignement, la justice, le droit au logement, un minimum social digne, par exemple ?  

Mise en place du Service national universel (SNU) en France, avec la collaboration de l’armée auprès de l’Education nationale et sur le temps d’enseignement. 

Propos belliqueux du président de la République française risquant d’entraîner une escalade militaire, source de conséquences très graves pour la nation : le sang de notre jeunesse et les larmes de leurs familles. 

« Efforts économiques de guerre » clamés par le président de la République et son ministre des Armées, Sébastien Lecornu, déclarant en janvier 2024 : L’économie de guerre est une opportunité pour nos armées, mais aussi pour nos industriels. 

Tout cela dans le seul but d’aider les USA à s’emparer des manettes économiques de la Russie en y installant ses Chicago Boys, émissaires de l’ultralibéralisme américain, dont Macron est une des marionnettes collaboratrices en France. 

Rappelons-nous les mots d’Anatole France : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ».  

Et n’oublions pas ceux de Paul Valéry : « Les guerres, ce sont des gens qui ne se connaissent pas et qui s’entre-tuent parce que d’autres gens qui se connaissent très bien ne parviennent pas à se mettre d’accord ». 

Europe sociale ? 

Globalisation économique profitant aux seules classes financièrement richissimes, au détriment des classes productrices des richesses des nations. 

Alignement des revenus des travailleurs européens vers le bas. 

Alignement progressif des droits des travailleurs vers le minimum possible pour les industriels et les banquiers (Dumping social). 

Europe économique souveraine ? 

Haute trahison du président de la République acceptant de « confier » les industries stratégiques françaises aux puissances étrangères :  

- gestion des données de santé des français confiée à Microsoft, avec l’accord de la CNIL, 

- gestion des pièces détachées de nos centrales nucléaires attribuée à Amazon Web Services, filiale d’Amazon,  

- souveraineté médicamenteuse abandonnée aux puissances étrangères (Laboratoire Biogaran bientôt la proie de l’Inde). 

- projet d’assouplissement de la vente en ligne des médicaments (Amazon est à l’horizon…) d’où la grève des officines pharmaceutiques fin mai. 

Un président de la République « fantoche » offrant aux USA une manne publique considérable (nos impôts) grâce à une complicité organisée avec les laboratoires Pfizer : des milliards dépensés pour une action médicale totalement inefficace et dangereuse, avec la complicité d’Ursula von der Leyen. 

Celle-ci doit aujourd’hui rendre des comptes (plainte juridique en cours concernant ses SMS « disparus » entre elle et le Président de Pfizer et sur l’opacité des contrats d’achats des vaccins anticovid par l’UE). Mais ne nous leurrons pas, il faut aujourd’hui justifier son éviction pour mieux installer le suivant, vraisemblablement Mario Draghi, chantre USA-compatible d’un ultralibéralisme encore plus féroce. 

Avec tout cela, que devient la souveraineté des nations ? Asma Mhalla offre comme réponse la notion de « gouvernance transtlantique » dans son livre Technopolitique : comment la technologie fait de nous des soldats

Une Europe, puissance autonome et souveraine ? 

Aucune démocratie véritable : un Parlement européen guignol qui n’a aucune autorité en matière de politiques étrangère et de sécurité commune, celles-ci sont monopolisées par les chefs d’états au sein du Conseil européen. 

Rappel : les parlementaires que nous sommes invités à élire ne font que se prononcer sur les propositions de lois élaborées par la Commission européenne (formée de seulement 27 membres), elle-même chapeautée par le Conseil de l’UE, formé quant à lui des ministres des 27 états, lesquels adoptent ou modifient ces propositions de lois, mais dont la décision peut tout simplement être méprisée par le Conseil européen, formé des 27 chefs d’état ou de gouvernement. 

La réalité vous est connue : le Parlement sait se prononcer sur la longueur normée des queues de cerises mais n’a aucun pouvoir sur tout ce qui touche aux intérêts stratégiques des nations ou de l’Union européenne. Ces dernières sont le pré-carré des chefs d’états. 

Finalement, nous avons à faire à une élection de façade qui doit nous faire choisir le diamètre des maillons des chaînes de notre soumission socio-économique. Nous devrions légitimer l’existence de parlementaires illusionnés sur leurs pouvoirs, mais bien payés, ceux-là légitimant par leur volontaire aveuglement le pouvoir exclusif de chefs d’états qui se moquent totalement de ce que veulent les peuples européens. 

Ces élections sont finalement une vaste fumisterie, une branquignolade médiatique qui ne peut que nous conduire à encore plus de soumission à la finance, voire à de futures dictatures comme les USA savent en organiser. Il n’y a qu’à lire « Fabriquer un consentement : la gestion politique des medias de masse » par Noam Chomsky et Edward Herman pour comprendre ce qui peut nous arriver. Et la France, avec Emmanuel Macron, est le premier paillasson européen dans une telle perspective. 

Non, cette élection n’a de démocratique que sa vitrine. Elle n’est porteuse d’aucun espoir pour les peuples concernés. C’est une mascarade totale consistant à nous faire légitimer le bourreau social et/ou militaro-policier de lendemains qui déchanteront, quoi qu’il en coûte. 

Ne légitimons pas le bourreau ! Refusons l’imposture ! Ne votons pas à ces élections.  

L. Ponsot

 


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